Des Français sur la glace des grands

Par Lou-Marco Crepelle & Albane Tanter

Qualifiés pour les séries éliminatoires de la coupe Stanley, les Canadiens de Montréal comptent dans leurs rangs une présence notable, celle du français Alexandre Texier. Alors que la popularité de la Ligue Nationale de Hockey et de sa culture demeure marginale en France, ces parcours singuliers témoignent à la fois des exploits isolés des athlètes et des progrès d’un système encore en développement.

Alexandre Texier. Photos MAXPPP/Thierry LARRET et FFHG.

« On le voit, il fait les choses, et c’est une excellente nouvelle » a déclaré Antoine Roussel à propos d’Alexandre Texier. En novembre 2025, les Blues de Saint-Louis venaient de résilier son contrat. Aucune équipe ne l’avait réclamé au ballottage et à 26 ans, Alexandre Texier semblait au bout du chemin. Deux mois plus tard, il signait une prolongation de deux ans avec les Canadiens de Montréal à 2,5 millions de dollars par saison. Un retournement de situation qui résume à lui seul le parcours des hockeyeurs français en Ligue Nationale de Hockey (LNH), un parcours fragile, exigeant, mais bien réel.

Une lignée construite sur des exceptions

Texier n’est pas un cas isolé dans l’histoire. Il est l’héritier d’une lignée de joueurs qui, depuis une vingtaine d’années, ont prouvé qu’un Français avait sa place dans la ligue la plus compétitive au monde. Cristobal Huet, gardien parisien devenu entraîneur des gardiens de l’équipe de France, a été le premier à marquer les esprits, notamment sous les couleurs des Canadiens de Montréal entre 2005 et 2008. Pierre-Édouard Bellemare, jamais repêché, a disputé 700 matchs en LNH, dont deux finales de Coupe Stanley. Quant à Antoine Roussel, il est le meilleur pointeur français de l’histoire de la ligue avec 197 points en 607 rencontres.

Pour Antoine Roussel, c’est précisément la réussite de Huet qui a agi comme déclencheur pour la génération suivante. « Quand Cristobal Huet commençait à jouer dans la NHL, ça a changé un peu plus ma perception. Je me disais que finalement, il y avait un chemin, une possibilité. Ce n’était pas le chemin le plus facile, mais il était réalisable et réaliste. » L’ancien attaquant des Stars de Dallas décrit comment cette prise de conscience collective a permis à toute une génération d’émerger : « Une fois que le premier chemin a été tracé, on a été capables d’arriver, d’avoir du succès, de se rendre jusqu’à cette ligue-là. Mais aucun d’entre nous n’a eu le même parcours. »

Aujourd’hui, c’est Texier qui incarne ce flambeau. Lors des Jeux Olympiques de Milan-Cortina 2026, Huet — qui l’a côtoyé dans le vestiaire de l’équipe de France — a raconté sur le site de la LNH ce dialogue entre les deux générations. « J’ai regardé à distance ses matchs avec les Canadiens. Par l’intermédiaire de Tex, j’ai repensé à mes belles années à Montréal. Je lui ai dit de s’épanouir avec les Canadiens. Je sens qu’il aura enfin la chance de montrer son grand talent au sein de la LNH. » Texier, de son côté, mesure le poids de sa position. « J’ai la chance de jouer dans la LNH et je dois agir comme un meneur », a-t-il confié à la même source. Une responsabilité qu’il assume, conscient d’être le seul représentant de la LNH au sein des 25 joueurs de l’équipe de France.

S’adapter : la condition universelle de l’athlète expatrié

Dans un pays dominé par le football et le rugby, le hockey français souffre d’une image de sport confidentiel. On pourrait croire que cette marginalité crée des obstacles spécifiques pour les joueurs tricolores une fois en Amérique du Nord. Une idée fortement nuancée par Antoine Roussel : « Il y a une culture qui est différente, propre à l’Europe, mais je n’ai pas eu plus de difficultés qu’un Finlandais ou qu’un Tchèque à m’adapter à la langue, l’environnement ou la culture. »

Pour lui, la vraie singularité française se résume à une question de communication : « Le fait d’être Français change juste le fait qu’il faut savoir parler et communiquer en Amérique du Nord, et donc en anglais. » Ce que Roussel pointe en revanche comme un vrai handicap, c’est le manque d’exposition au hockey dès le plus jeune âge. « L’exposition que le hockey a en France comparativement à la Suisse et à l’Allemagne, ce n’est même pas proche d’être pareil », reconnaît-il. Malgré tout, il refuse de s’en tenir à ce constat : « On tient notre épingle du jeu de brillante façon. »

Antoine Roussel. Photos MAXPPP/Thierry LARRET et FFHG

Un système à rebâtir de fond en comble

C’est sur ce dernier point que le bât blesse. Car si les joueurs français ont prouvé individuellement leur valeur, les conditions structurelles qui permettraient d’en produire davantage restent insuffisantes. Antoine François, Directeur Technique National de la Fédération Française de Hockey sur Glace, dresse un diagnostic lucide. Face à l’enthousiasme suscité par Texier et les Jeux Olympiques, le Directeur Technique National relativise : « C’est une bonne chose pour nous, mais il nous faut plus de joueurs. Alexandre Texier est un excellent ambassadeur du hockey sur glace français puisqu’il a été formé en France et qu’il est arrivé en LNH. Mais aujourd’hui, ça reste une exception qui ne doit pas rester qu’une exception. »

Antoine François identifie trois leviers à actionner simultanément : la formation des joueurs, la construction d’un réseau international pour les placer dans les meilleures ligues, et la modernisation des infrastructures. Une réalité peu connue, pourtant bien présente : le parc de patinoires français est vieillissant, et les municipalités rechignent à investir. Il explique que « ce n’est pas forcément évident de faire comprendre à des municipalités qu’avec le changement climatique, c’est une bonne idée d’avoir des patinoires. Parfois, c’est beaucoup plus facile de les transformer en terrain de foot ou de padel. »

Roussel, depuis le Canada où il réside désormais, rejoint ce diagnostic et insiste sur la nécessité d’une première ligue financièrement solide comme fondation de tout le reste : « Si la première ligue locale est capable de rester en vie, tout le reste va suivre. » Une convergence de points de vue entre le praticien et l’institution qui montre à elle seule l’ampleur du chemin à parcourir.

Pour Antoine François, un modèle de comparaison s’impose : celui du tennis de table, discipline où les frères Lebrun ont transformé une discipline confidentielle en phénomène médiatique grâce à leurs performances. « On sait bien que le côté médiatique passera par une success story », dit-il. En attendant cette réussite collective, un seul homme continue de porter les couleurs françaises sur les patinoires nord-américaines. Et pour Antoine Roussel, cela reste essentiel : « En ce moment, il n’y a peut-être que lui. Mais c’est justement ça qui fait toute la différence. »

Les propos d’Alexandre Texier et de Cristobal Huet sont tirés d’un article publié sur le site officiel de la LNH (nhl.com). Les citations d’Antoine Roussel et d’Antoine François sont issues d’entretiens réalisés par Albane Tanter et Lou-Marco Crepelle.



Warrior Adventure Lyon : dans l’ombre des JO, le ninja en quête de reconnaissance

Par Lou-Marco Crepelle

En 2018, Jeremy Motts créé Warrior Adventure Lyon, la première salle de ninja en France. Sept ans plus tard, la salle continue son développement et fait face à un défi de taille : l’arrivée du parcours d’obstacles aux prochains JO.

Jeremy Motts (à droite) en train d’entraîner Jordan (au centre). Photo par Lou-Marco Crepelle

Inconnu il y a encore quelques années, le ninja, à la croisée du parkour et de l’escalade, compte toujours plus d’adeptes. Ce sport consiste à franchir une série d’obstacles le plus rapidement possible et sans tomber, à la seule aide de ses capacités physiques. Le club Warrior Adventure Lyon, première salle de ninja en France fondée en 2018, compte aujourd’hui plus de 140 adhérents, en plus de ses entrées libres. Souvent réduite à un simple loisir, la discipline franchit un nouveau cap grâce à l’ajout du parcours d’obstacles aux épreuves du pentathlon moderne (en substitution à l’équitation). « Le ninja a déjà ses propres compétitions internationales comme la World Ninja League, explique Raoul Turmond, responsable commercial de Warrior Adventure. Il manque seulement une meilleure reconnaissance de ce sport par les instances et par le grand public. L’arrivée du parcours d’obstacles aux JO va dans ce sens. »

Briser les idées reçues sur le ninja

Une quête de reconnaissance qui passe par le changement de regard du grand public sur le ninja. Puisque malgré les apparences, la discipline n’est pas réservée qu’aux athlètes aguerris. Jeremy Motts, fondateur de la salle, décrit le ninja comme une pratique entièrement personnalisable : « C’est la découverte de son corps et de ses capacités par le biais d’une activité ludique. Il faut s’affranchir de tous les a priori sur notre potentielle performance et ne pas se comparer à son voisin. À chacun sa propre montagne. À 21 mois, mon fils a franchi le pont de singe après de nombreux essais, ça prouve que ce n’est pas réservé à une élite. »

Des infrastructures insuffisantes pour des ambitions olympiques

Mais alors que la date des JO 2028 approche, les athlètes ne disposent pas des équipements nécessaires pour s’entraîner correctement. Serge Alloisio, président du comité régional de pentathlon moderne [rattaché à la Fédération Française de Pentathlon Moderne qui s’occupe du parcours d’obstacle], alertent sur les conditions de préparation des athlètes. « Le rôle du comité régional, et par extension de la Fédération, est de développer au plus vite les infrastructures nécessaires au bon entraînement des athlètes en vue des futures compétitions, comme des salles d’obstacles plus nombreuses. Pour l’instant, l’accompagnement dont on fait preuve n’est pas digne d’une discipline olympique, déplore Serge Alloisio. Les jeunes ne peuvent trouver seuls des lieux adaptés pour s’entraîner aux cinq disciplines du pentathlon, il faut pouvoir les accompagner. »

Warrior Adventure Lyon : une cagnotte pour poursuivre le développement de la salle

Dans cet esprit de meilleur accompagnement, la salle Warrior Adventure a elle aussi des ambitions d’aménagements, pour ses adhérents et en vue de la professionnalisation du ninja. Alors qu’elle subvient à ses besoins, elle a mis en place une cagnotte pour permettre ces investissements et répondre à la demande croissante à laquelle elle fait face. « La cagnotte n’est pas pour maintenir à flot l’entreprise, détaillent Jeremy et Raoul, mais pour proposer la meilleure expérience possible à ceux qui viennent, pour le loisir et pour le sport. Le développement et l’amélioration de l’équipement déjà existant sont une priorité, mais comportent des charges lourdes. »

Reportage réalisé pour LE PROGRÈS




« J’ai choisi de voir le bon » : D’une commotion cérébrale à l’écriture d’un livre sur la nutrition, Arthur Pontet raconte son parcours

Par Lou-Marco Crepelle

Pendant un entraînement de football en octobre 2023, alors qu’il joue à Annecy, Arthur Pontet subit une commotion cérébrale. Éloigné des terrains, l’Amplepuisien de 23 ans s’est lancé un défi : publier un livre sur la nutrition. Avec plus de 120 recettes, « Les Plaisirs Healthy » fait le pari de concilier une alimentation saine et le plaisir de chaque repas. Il revient pour Le Progrès sur son accident et la naissance de ce projet.

Arthur Pontet et son livre « Les Plaisirs Healthy ». Photo par Lou-Marco Crepelle.

« Le cerveau, ce n’est pas comme un genou sur lequel on peut forcer »

Comment est survenue votre commotion ?

C’est arrivé en octobre 2023 pendant un entraînement avec l’équipe d’Annecy. Après un tacle, l’arrière de mon crâne a tapé le sol. J’étais sonné, mais le choc n’était pas si impressionnant, j’ai même continué l’entraînement. Une fois dans les vestiaires, j’étais toujours dans le flou, avec l’impression d’être lucide mais au ralenti, hors de mon corps. Le lendemain, j’étais complètement bloqué de la nuque, alors le club m’a arrêté pour quelques jours. S’en est suivi une longue période durant laquelle je reprenais l’entraînement, puis m’arrêtais à cause des migraines. Après des examens chez le neurologue et un début de traitement en janvier 2024, j’ai disputé quatre matches en championnat, mais la douleur persistait alors je n’ai pas voulu prendre de risque. Je passé des tests cognitifs, qui ont montré que mon cerveau avait perdu en traitement de l’information, en mémoire et en concentration, alors je n’ai pas repris le foot depuis.

Comment cette blessure vous impacte-t-elle au quotidien ?

J’ai des maux de tête quasi permanents du matin au soir, même sans effort apparent. Conduire était devenu impossible, se concentrer sur un écran me demande encore beaucoup. Chaque stimulation devient une contrainte supplémentaire. À force on s’habitue à la douleur, mais c’est loin d’être une solution pérenne.

Où en êtes-vous actuellement ? Vous avez trouvé des solutions ?

On sait que la commotion a enclenché tout ça, mais on ne sait pas pourquoi je ne récupère pas. Sur ce qui touche le cerveau, personne ne réagit de la même manière. Pour un choc similaire, certains récupèrent en deux semaines, et il y a quelques cas comme moi qui prennent plus de temps. Avec les soignants qui m’accompagnent, j’ai bon espoir de trouver une solution rapidement.

« Personne ne peut me donner la certitude que cela va s’arrêter »

Vous avez encore envie de rejouer au foot ?

Bien sûr, j’ai toujours envie de retrouver les terrains et de vivre mon rêve. Au début, malgré la commotion, je voulais continuer les entraînements et les matches. Le foot faisait partie de mon quotidien depuis plus de treize ans, alors en être privé m’a bien perturbé. Mais j’ai vite compris que le cerveau, ce n’est pas comme un genou ou un ischio sur lequel on peut forcer un peu. Ça impacte la santé globale, et je ne veux pas la sacrifier. Et même si je rejouais aujourd’hui, je ne serais qu’à 20%, ça n’aurait aucun intérêt.

Quelle a été votre première inquiétude ?

Je ne m’attendais pas à ce que ça dure aussi longtemps. Je n’avais jamais été sensibilisé sur ce genre de blessures, donc je ne m’en suis pas soucié au départ. Mais un mois de douleur pour un choc qui paraissant anodin ? J’ai commencé à me demander : quand est-ce que ça va s’arrêter ? Est-ce que je vais devoir vivre avec ça toute ma vie ? J’ai la conviction que non, que l’on va trouver une solution, mais il n’y a personne qui peut me donner la certitude que cela va s’arrêter.

« Plus sensibiliser les joueurs serait déjà un bon point, mais on ne peut pas empêcher les commotions »

Vous avez pu échanger avec d’autres sportifs victimes de blessures similaires ?

J’ai eu l’occasion d’en discuter avec Florent Duparchy qui était gardien de but et qui a dû arrêter à la suite de deux commotions. Il a mis un terme à sa carrière à 23 ans, j’ai le même âge, alors son histoire m’a touché. J’ai aussi pu en parler avec Maxime Gonalons qui a eu une commotion cérébrale à sa toute fin de carrière. Heureusement pour lui, il a récupéré plus vite que Florent ou moi, mais cela montre à quel point ce qui touche au cerveau devient du cas par cas.

Il manque de sensibilisation sur les commotions dans le foot ?

On commence petit à petit à en parler, mais il n’y a rien de concret au niveau des instances. Au rugby, il y a des protocoles à suivre en cas de commotions et beaucoup de préventions. Plus sensibiliser les joueurs serait déjà un bon point, surtout dans le foot, mais on ne peut pas empêcher les commotions en elles-mêmes. En revanche, on peut mettre en place des mesures concrètes pour agir directement après le choc et éviter d’éventuelles complications futures.

« Que ton alimentation soit ta première médecine »

Pourquoi avoir choisi le livre comme moyen d’expression ?

Lorsque je me suis arrêté, il me fallait trouver une échappatoire qui ne demande pas un gros effort physique, et la cuisine s’est imposée naturellement. Au fur et à mesure, j’ai commencé à écrire mes recettes et à les prendre en photo. Je me suis dis que j’allais en faire un livre numérique pour ma famille, mes amis, pour garder un bon souvenir de cette période. Finalement, je me suis mis en tête de le partager à un plus grand nombre, ça me donnait un challenge, une source de motivation. Ayant des connaissances dans l’imprimerie, je me suis dit qu’un livre concret était mieux qu’un e-book. On l’a dans les mains, on peut le feuilleter, l’offrir en cadeau. C’était important pour moi d’avoir un objet physique.

Parler de nutrition pendant cette pause dans le foot, c’était aussi un moyen de rester dans le sport ?

C’est un sujet qui va de pair avec le sport, alors en un sens oui. Je me suis toujours intéressé à la nutrition, pour être en bonne santé en tant qu’humain, mais aussi pour optimiser mes performances en tant que sportif. On a eu quelques interventions à propos de l’alimentation dans les clubs que j’ai côtoyé, mais c’était assez généraliste. Étant curieux, je me suis vite renseigné plus en détails de mon côté. D’ailleurs, je continue à me former pour avoir un certificat qui atteste de mes connaissances.

Ce livre était un moyen de sensibiliser les jeunes sportifs à l’importance de la nutrition ?

Il y a une phrase d’Hippocrate qui dit « que ton alimentation soit ta première médecine. » Alors qu’on soit un futur athlète, un sportif du dimanche ou une personne qui veut prendre soin de sa santé, la nutrition est un point clé. Et grâce à mon expérience, je sais que l’alimentation est primordiale pour tout sportif souhaitant performer, au même titre que l’entraînement.

« On peut manger sainement tout en se faisant plaisir »

Il fallait aussi déconstruire le cliché qu’on ne peut pas se faire plaisir en mangeant sainement ?

Exactement, c’était un objectif au même titre que transmettre mes connaissances. Il y a beaucoup de personne qui mangent sainement, mais qui sont frustrées car elles ne prennent pas de plaisir. Même en tant que sportif, j’ai toujours réussi à concilier une bonne hygiène de vie et une nutrition saine avec le plaisir de manger. C’est cet aspect que j’ai voulu partager.

Quel était le processus pour trouver les recettes du livre ?

J’avais déjà des recettes phares que je cuisinais régulièrement et que j’ai intégré dans le livre. Puis j’ai pris des recettes « classiques » que j’ai revisité, avec mes goûts personnels mais surtout avec une meilleure composition, des proportions différentes, des ingrédients plus sains…

Il y a plus de 120 recettes dans le livre, vous en avez une préférée ?

Tout dépend de l’envie ! (sourire) Une de mes préférées reste le Snickers revisité, c’est une barre chocolatée très appréciée pour son goût, mais la composition n’est pas flatteuse. Et ici, je transforme la recette pour que les gens mangent quelque chose d’aussi bon en bouche, mais avec des ingrédients plus sains. Cela illustre l’idée qu’on peut manger sainement tout en se faisant plaisir.

Que diriez-vous à une personne qui hésiterait à acheter votre livre ?

De nombreux régimes à la mode échouent car ils ne sont pas adaptés au mode de vie de ceux qui l’essaye. Ce livre promeut lui aussi une hygiène de vie saine, mais que l’on peut adapter à ses envies et tenir sur le long terme puisqu’il allie plaisir et équilibre.

« J’aurais pu choisir de ne relever que ce que je perds, mais j’ai préféré trouver du bon »

À 23 ans, quels sont vos projets pour l’avenir ?

Avant tout, j’aimerais retrouver ma santé. Mais une fois cela de côté, je n’ai qu’une envie, c’est de retourner sur les terrains pour faire ce que j’aime le plus. Mais cette période de pause dans le foot m’a permis de développer d’autres aspects que j’ai envie de garder : l’entreprenariat, les investissements, être sur différents projets… Je travaille aussi avec un agent de joueurs, c’est un projet en lequel je crois beaucoup et qui me permet de garder un pied dans le foot. J’espère pouvoir remettre le deuxième pied sur les terrains le plus vite possible, mais en attendant, je sais que j’ai tous ces projets sur lesquels me concentrer.

Vous êtes resté en lien avec le club d’Annecy ?

Je pense que nous avions un projet intéressant, j’étais confiant pour la suite. Je n’étais pas trop présent au club ces derniers-mois, mais je suis toujours en contact avec le staff. Au début, je continuais de faire ma musculation là-bas et d’être au côté des autres joueurs, c’est important de se sentir dans l’équipe malgré tout.

« Être résilient, c’est un mot important pour moi »

Vous gardez un œil très positif et mature sur cette situation pleine d’incertitude…

Je tiens cette force de ma foi et du soutien de ma famille, ces deux éléments ont été déterminantes. J’aurais pu choisir de ne relever que le négatif, ce qu’on m’enlève, ce que je perds, mais j’ai préféré trouver du bon. Cette pause m’a permis d’explorer de nouveaux domaines que je n’aurais pas pu découvrir en restant pleinement investi dans le football. Peut-être que tout cela est arrivé pour une bonne raison, alors je m’adapte et je tire du positif de chaque moment.

Vous avez un message pour ceux qui liraient l’article ?

Il y a du positif dans chaque situation, cela dépend uniquement de comment on décide de les voir. Il ne faut pas avoir peur de s’adapter pour pouvoir aller de l’avant. Et être résilient, c’est un mot important pour moi.

Propos recueillis pour LE PROGRÈS




 Handisport – À Sainte-Foy-Lès-Lyon, le foot adapté remet le partage et l’inclusion au centre du jeu

Par Lou-Marco Crepelle

En 2021, le FC Sainte-Foy-Lès-Lyon noue un partenariat La Passerelle et crée une section de foot adapté. Quatre ans plus tard, la section accueille une quinzaine de joueurs en situation de handicap mental et psychique, qui disputent régulièrement des matches contre d’autres équipes de la région. Un jeu sans pression qui rappelle les valeurs premières du sport.

Fabien Mézard assure le rôle de président du FC Sainte-Foy-Lès-Lyon depuis 2023. Photo Lou-Marco Crepelle

« Un football de qualité pour tous. » C’est ainsi que Fabien Mézard, président du FC Sainte-Foy-Lès-Lyon depuis deux ans, définit l’identité du club. C’est dans cette même logique que le FCSF s’allie à La Passerelle en 2021, une association qui propose des activités physiques et sportives aux personnes en situation de handicap mental ou psychique.

« On apprend beaucoup de choses »

De ce partenariat naît la section de foot adapté, qui accueille aujourd’hui une quinzaine de joueurs. « Ma vision, et celle de Marc Chantre mon prédécesseur, est que Sainte-Foy met en avant l’aspect éducatif et social, en plus de l’aspect sportif, explique Fabien Mézard. En dehors du club, je suis moniteur éducateur dans une maison d’accueil spécialisée, alors j’ai une sensibilité particulière à cette collaboration. »

La section foot adapté accueille des joueurs de 15 ans et plus atteints d’une déficience mentale ou psychique. Fabien et Alexandre, tous deux atteints d’autisme, viennent au club chaque mercredi soir depuis trois ans : « On apprend beaucoup de choses, et on prend beaucoup de plaisir à partager ces moments avec les autres joueurs. » Comme pour le cécifoot, les règles classiques ne sont que légèrement adaptées : les joueurs évoluent en équipe de huit sur demi-terrains, au lieu de onze sur grands terrains, et la règle du hors-jeu est rarement appliquée. Les arbitres font également preuve de beaucoup de bienveillance et de pédagogie, notamment sur les fautes.

Une mission qui dépasse le cadre sportif

Pour être encadrés et entraînés, les joueurs peuvent compter sur l’expérience de Giani Ollon, enseignant en activité physique adaptée au sein de La Passerelle. « On a cette volonté de permettre aux joueurs de développer le moteur, le cognitif et leur autonomie. Mais on a aussi ce rôle de les sociabiliser et faire changer le regard du public sur le handicap. Nos missions dépassent rapidement le cadre du foot » explique Gianni, qui entraîne à Sainte-Foy depuis presque cinq ans.

Il peut compter sur l’aide de Thibault Vanhoutte, un ami d’enfance qui l’épaule dans l’encadrement du foot adapté depuis trois ans. « Au départ je suis vraiment venu par amitié. Et puis au fil des séances, on se prête au jeu, on s’attache aux joueurs. Ils sont très reconnaissants envers nous, alors on a carrément envie de leur rendre et de continuer à marcher à leurs côtés. »

Gianni Ollon, éducateur.
Photo Lou-Marco Crepelle
Thibault Vanhoutte, éducateur.
Photo Lou-Marco Crepelle
Fabien Gerstner, joueur.
Photo Lou-Marco Crepelle
Alexandre Babin, joueur.
Photo Lou-Marco Crepelle

Régulièrement, le district organise des plateaux pour permettre à ces équipes de s’affronter. À la différence des matches des valides, les rencontres avec les joueurs en situation de handicap génèrent moins de tensions et de frustration. « En foot adapté, la compétition passe au second plan, confirme Fabien Mézard. À la fin de la journée, tout le monde est juste heureux d’avoir participé ou organisé les matches ! Cela remet les objectifs premiers du foot au centre du jeu : le sport, le partage et l’inclusion. »

Reportage réalisé pour LE PROGRÈS




Running – Lyon Urban Trail 2025 : La Piste de la Sarra, une course dans la course

Par Lou-Marco

La Piste de la Sarra, autrefois connue comme une piste de ski, s’est transformée en véritable emblème du Lyon Urban Trail. Un point de passage incontournable pour chaque coureur, qui peut tenter le défi de devenir roi ou reine de la Sarra.

La terreur du LUT : la piste de la Sarra. Photo Maxime Jegat

Si la Piste de la Sarra est l’une des nombreuses épreuves que renferme le Lyon Urban Trail (LUT), elle est de loin la plus emblématique. Redoutée par tous, elle attend les coureurs dès la fin du troisième kilomètre pour les parcours 10 km, 15 km et 25 km, ou au début du seizième kilomètre pour le 37 km.

Avec ses 250 m de long pour 53 m de dénivelé, cette ancienne piste de ski fermée en 1991 occupe une grande place dans le cœur des coureurs lyonnais. Habituellement inaccessible au public, elle rouvre deux fois par an, à l’occasion des éditions du LUT de jour et de nuit.

Un défi chronométré pour être sacré roi ou reine

La Piste de la Sarra, c’est aussi le challenge Queen & King de la Sarra qui se tient lors de la course. Depuis 2023, chaque coureur est chronométré sur son ascension de la Sarra. Les plus rapides sont désignés reine et roi de la Sarra et reçoivent une récompense. Lors de l’édition 2024, Lydie Jung et Gaëtan Jardiné avaient remporté le défi en 01:48 et 01:32. Cette année, Léa Peyrard et Pol Robert ont été couronnés avec tous deux un temps de 01:37.

En dépit de la récompense promise (un ensemble running de la marque Salomon), nombreux sont ceux qui délaissent le défi pour se concentrer sur la course entière. C’est le cas de Maéva, qui est arrivée à bout de souffle en haut de la Sarra : « Même s’il y a bien d’autres montées dans le parcours, celle de la Sarra est particulière à cause de sa difficulté. Je l’avais commencé en courant, mais j’ai vite commencé à marcher ! Je voulais me préserver pour les 11 km restants. »

Maéva, motivée à monter la Piste de la Sarra en courant, a fini en marchant et à bout de souffle.  Photo Lou-Marco Crepelle

« On profite et on admire le paysage »

L’accès exceptionnel à la Piste de la Sarra offre une vue imprenable sur la colline de la Croix-Rousse. L’occasion, ici comme sur le reste du parcours, de redécouvrir la ville sous un autre angle. « J’ai vu certains hausser le rythme en arrivant au pied de la Sarra, souffle Maéva, entre deux respirations. Mais pour ceux comme moi qui courent pour le plaisir, on profite et on admire le paysage. La magie de cette course, ce sont aussi les points de vue qu’elle offre. » Que ce soit pour sa difficulté ou son cadre, cette ascension redoutable s’est imposée comme un incontournable du running lyonnais.

Reportage réalisé pour LE PROGRÈS




Volleyball – Méconnaissable, l’Asul chute face à Villejuif

Par Lou-Marco Crepelle

Trop crispés, les Lyonnais n’ont pas été à leur niveau face à Villejuif, qui a dominé la rencontre et n’a pas laissé un seul set à son hôte. Les play-down débutent de la pire des façons.

Les joueurs de l’ASUL ont montré un jeu passif lors du match contre Villejuif.  Photo Lou-Marco Crepelle

ASUL 0 – 3 Villejuif

C’était le match idéal, face à l’équipe présumée la moins forte de l’autre groupe, pour se lancer dans les play-down. Mais cela a plutôt viré à la catastrophe pour l’Asul, battue 3-0 et qui entame de la pire des manières l’opération maintien dans cette poule où les trois premiers resteront en Elite, et les trois derniers seront relégués.

Incapables de conclure le premier set

Le tournant a été ce premier set que les Lyonnais n’ont jamais su conclure, alors qu’ils menaient 24-20, et qu’ils ont perdu 26-24. La remontée de Villejuif a coupé le souffle aux Lyonnais et à leurs supporters, venus en nombre au Petit Palais des Sports.

Sur le terrain, le coach Maxime Meunier n’a pas retrouvé les volleyeurs combatifs qu’il avait vus à l’entraînement : « Je suis assez attristé de ne pas avoir vu des joueurs qui se battent, qui ont le sourire. Dès l’entame, ils étaient trop crispés et manquaient de confiance. »

Le coup de massue de ce premier set a suivi les locaux jusqu’au coup de sifflet final. Avec l’ascendant mental, Villejuif a aisément remporté le deuxième set 25 à 19. Les joueurs de Maxime Meunier, « spectateurs de leur propre match », se sont inclinés 17 à 25 dans le dernier set, confirmant la large victoire de Villejuif.

Un début de play-down raté pour l’ASUL, avant son déplacement périlleux le 12 avril à Amiens, leader de la poule. « Le maintien passera pas notre capacité à se faire confiance autant individuellement que collectivement, estime Maxime Meunier. On a le droit de perdre, mais aujourd’hui nous n’étions pas à notre niveau. »

Reportage réalisé pour LE PROGRÈS




Football – Villefranche laisse filer la victoire face à Versailles

Par Lou-Marco Crepelle

En dépit de l’ouverture du score dès l’entame de la seconde période, Villefranche n’est pas parvenu à conserver son avance. Avec une meilleure maitrise du ballon, Versailles a recollé au score et fait trembler les Caladois jusqu’à la dernière minute.

Abou Ba au duel lors du match aller, que Versailles a remporté 3-1.  Photo Laurent Barou

Versailles 1 – 1 FC Villefranche

L’issue du match demeurait toujours incertaine au terme d’une première mi-temps stérile. Dès la douzième minute, Versailles perd Romain Basque, blessé à la cheville. Si Versailles a longtemps conservé le ballon dans la moitié adverse, les Caladois se sont également montrés dangereux grâce à leurs transitions, redoutables par leur vitesse mais imprécises à la finition.

Dès le retour des vestiaires, le FCVB adopte un jeu direct pour surprendre la défense adverse. Octave Joly délivre un centre au point de penalty à Calodat, qui bute sur Altikulac. Le ballon finit dans les pieds d’Idrissa Ba, qui frappe en se retournant (46e). Les Caladois entament alors cette seconde période de la meilleure des manières. Mais après cette fulgurance, la formation versaillaise reprend le contrôle du jeu et finit par égaliser à la 78e. Après une passe en profondeur de Mbemba, prolongée par Baghdadi, Gaval s’infiltre entre deux défenseurs et inscrit son premier but en National. Clément Couturier, rentré à la 75e pour son retour en championnat, sort six minutes plus tard après un contact avec Traoré.

Les deux équipes se procurent de grosses occasions durant les six minutes de temps additionnel, à l’image de Joly qui manque le cadre en fin de course (92e). Sullivan Pean est décisif en cette fin de rencontre, comme avec son double arrêt réflex à la 96e. Malgré le pressing des locaux, la défense caladoise ne craque pas et maintient le nul. Après ce déplacement à Chambly, le FCVB enchaînera un nouveau déplacement le 4 avril pour son match face à Châteauroux, lanterne rouge de National.

À Chambly, Versailles et Villefranche font nul 1 – 1 (0 – 0). But pour Villefranche : Idrissa Ba (46e) But pour Versailles : Gaval (78e). Avertissements pour Villefranche : Negouai (80e), Kissling (90+2e), Joly (90+5e). Avertissements pour Versailles : Traoré (36e), Calvet (86e).

Article rédigé pour LE PROGRÈS




Football – Villefranche s’impose à Rouen dans un match à deux visages

Par Lou-Marco Crepelle

Villefranche s’est fait peur en seconde période mais s’impose à Rouen dans un match à haute intensité. Avec quatre buteurs différents, la formation caladoise met fin à deux matches consécutifs sans inscrire de but et repart avec trois précieux points.

Clément Couturier (à gauche) et Adama Diakité. Photo Maxime Jegat.

Rouen 2 – 4 FC Villefranche

Malgré une première période tout en maitrise, les Caladois se sont fait bousculer dans le deuxième acte. Clément Couturier, de retour de suspension, a donné le ton dès la 20e seconde en cadrant depuis l’entrée de la surface. Après quelques actions infructueuses, les Caladois sont récompensés. Calodat ouvre le score, sur un centre de Bastian au second poteau (0 – 1, 14e). À peine le jeu repris, le FCVB continue sur sa lancée et enfonce un peu plus le clou, grâce à un centre de Negouai pour la reprise de Couturier (0 – 2, 16e). Habitué des scénarios fous, Villefranche continue de pousser et se met à l’abri en marquant juste avant la pause grâce à un coup franc de Diakité tiré de la gauche (0 – 3, 45+1e).

Rouen a fait trembler les Caladois

L’issue du match semble déjà certaine à la pause, mais Rouen ne s’avoue pas vaincu. Benkaïd, laissé seul au centre de la surface, réduit l’écart à deux buts avec le FCVB (1 – 3, 50e). Charles Abi, après un tir contré de Mion, reprend devant les cages de Pean, toujours à terre à la suite de son premier arrêt (2 – 3, 64e). Mais cinq minutes plus tard, sur une passe en retrait de Bastian, Mroivili ajuste Lucas Royes pour rassurer le club beaujolais et anéantir les espoirs rouennais (2 – 4, 69e).

Après deux matches sans but, le FCVB retrouve le chemin des filets et se remet en confiance avant l’affrontement contre Concarneau vendredi prochain.

À Rouen, Villefranche bat Rouen 4 – 2 (3 – 0). Buts pour Villefranche : Calodat (14e), Couturier (16e), Diakité (45+1e), Mroivili (69e). Buts pour Rouen : Benkaïd (50e), Abi (64e).

Article rédigé pour LE PROGRÈS




Basket N1M – Lyonso, dominant, s’impose facilement face à Tours

Par Lou-Marco Crepelle

Au terme d’une rencontre maitrisée de bout en bout, les Lyonnais ouvrent leur compteur de victoire pour cette deuxième phase.

Avec ce succès face à Tours, LyonSO signe sa quatrième victoire depuis le début de la saison. Photo Lou-Marco Crepelle.

Lyonso 72 – 58 Tours

Les Rhodaniens ont été menés au score moins d’une minute sur l’ensemble du match. Après une entame serrée (11-9) où ils ont bénéficié du manque de justesse des Tourangeaux, les locaux ont su conserver leur dynamique pour finir le premier quart-temps avec un matelas de six points (20-14). Les hommes de Philippe Hervé montraient un visage similaire dans le deuxième, achevé sur le même score que le premier (40-28 à la mi-temps).

Après la pause, les deux équipes haussaient leur niveau et leur rythme. Le score évoluait moins mais l’intensité et la tension grimpait (50-36, 30e). En avance de 14 unités, LyonSO continuait de mettre de l’agressivité dans son jeu, pour empêcher Tours d’inverser la tendance. Les Lyonnais, toujours portés par Comblon, parvenaient à conserver leur avance pour s’imposer (72-58).

Comblon en détonateur

« On a eu le match à notre main sur la globalité des quarante minutes, sans vraiment avoir le sentiment que Tours pouvait nous poser des problèmes, confie Philippe Hervé à l’issue du match. Notre défense fait de moins en moins d’erreurs face à cette équipe qui a la meilleure attaque du championnat et que l’on laisse à moins de soixante points. » Une victoire obtenue grâce à un bon collectif, mais aussi grâce à la belle performance de Kevin Comblon, qui a inscrit seize points : «Kevin a eu des pépins en octobre et en janvier, et malgré ces temps d’arrêts, il a une vraie progression, autant sur ses erreurs défensives et sur son jeu offensif. Il prend progressivement sa place dans le cinq majeur, il le mérite », poursuit le coach de LyonSO.

À Pierre-Bénite (La Canopée), LyonSO bat Tours 72 – 58 (20-14, 20-14, 10-8, 22-18) LyonSO : Comblon 16, Albert 13, Semelet 12, Loubaki 7, Nunn J 7, Zero 6, Atamna 5, Manet 4, Omari 2

Reportage réalisé pour LE PROGRÈS




Running – À 60 ans, Rosario Murcia-Gangloff met le cap sur Los Angeles 2028

Par Lou-Marco Crepelle

Après 30 ans d’absence, Rosario Murcia-Gangloff a de nouveau couru pour son club de cœur l’Asul Bron, qui organisait l’annuel 10 km de Bron. L’occasion de se replonger dans une carrière remplie de réussite et d’inattendu en vue de sa préparation pour les JO de 2028 à Los Angeles.

Rosario Murcia-Gangloff et son guide Atef Baroudi sur le 10 km de Bron. Photo par Lou-Marco Crepelle.

Cette « gamine de 60 ans », comme elle aime se décrire, a longtemps détenu le record de France sur le 10 000 m féminin en 31’42. Double médaillée des mondiaux de cross-country en 1988-1989, elle côtoie les sommets jusqu’à ses premiers Jeux Olympiques à Barcelone en 1992. En 1994, suite à une déshydratation pendant les championnats d’Europe d’athlétisme à Helsinki, elle développe un glaucome, accentué par des complications durant sa troisième grossesse.

Cette maladie chronique, qui réduit progressivement le champ visuel, la pousse à s’éloigner de la compétition, un choix qu’elle fait également pour s’occuper de ses enfants. En 2012, elle reprend sa préparation physique et est présélectionnée aux Jeux Paralympiques de Londres. Depuis, elle cumule les performances en handisport, comme avec sa quatrième place lors du marathon paralympique T12 aux JO de Paris.

Los Angeles 2028 comme dernier défi

Un parcours de longue haleine empreint de résilience qui continue cette année : « Je prépare les championnats du monde de marathon paralympique de New Delhi en octobre prochain, c’est une grande échéance » confie-t-elle en marge du 10 km de Bron, auquel elle a établi un temps de 42’34. « On ne connaît pas le tracé exact, qui sera communiqué deux mois avant. Pour le moment, on garde le rythme et on s’entraîne comme on peut. »

Si en 2012 elle hésitait encore à tenter l’aventure paralympique, ses récents résultats prouvent qu’elle a eu raison, d’y participer. Une assurance forte qui l’emmènera jusqu’à Los Angeles dans trois ans : « Bien sûr que je serai présente pour les JO de 2028. Mais après cela, avec plus de 40 ans de haut niveau, je pense que j’arrêterai mes conneries ! »

Article rédigé pour LE PROGRÈS