Des Français sur la glace des grands

Par Lou-Marco Crepelle & Albane Tanter

Qualifiés pour les séries éliminatoires de la coupe Stanley, les Canadiens de Montréal comptent dans leurs rangs une présence notable, celle du français Alexandre Texier. Alors que la popularité de la Ligue Nationale de Hockey et de sa culture demeure marginale en France, ces parcours singuliers témoignent à la fois des exploits isolés des athlètes et des progrès d’un système encore en développement.

Alexandre Texier. Photos MAXPPP/Thierry LARRET et FFHG.

« On le voit, il fait les choses, et c’est une excellente nouvelle » a déclaré Antoine Roussel à propos d’Alexandre Texier. En novembre 2025, les Blues de Saint-Louis venaient de résilier son contrat. Aucune équipe ne l’avait réclamé au ballottage et à 26 ans, Alexandre Texier semblait au bout du chemin. Deux mois plus tard, il signait une prolongation de deux ans avec les Canadiens de Montréal à 2,5 millions de dollars par saison. Un retournement de situation qui résume à lui seul le parcours des hockeyeurs français en Ligue Nationale de Hockey (LNH), un parcours fragile, exigeant, mais bien réel.

Une lignée construite sur des exceptions

Texier n’est pas un cas isolé dans l’histoire. Il est l’héritier d’une lignée de joueurs qui, depuis une vingtaine d’années, ont prouvé qu’un Français avait sa place dans la ligue la plus compétitive au monde. Cristobal Huet, gardien parisien devenu entraîneur des gardiens de l’équipe de France, a été le premier à marquer les esprits, notamment sous les couleurs des Canadiens de Montréal entre 2005 et 2008. Pierre-Édouard Bellemare, jamais repêché, a disputé 700 matchs en LNH, dont deux finales de Coupe Stanley. Quant à Antoine Roussel, il est le meilleur pointeur français de l’histoire de la ligue avec 197 points en 607 rencontres.

Pour Antoine Roussel, c’est précisément la réussite de Huet qui a agi comme déclencheur pour la génération suivante. « Quand Cristobal Huet commençait à jouer dans la NHL, ça a changé un peu plus ma perception. Je me disais que finalement, il y avait un chemin, une possibilité. Ce n’était pas le chemin le plus facile, mais il était réalisable et réaliste. » L’ancien attaquant des Stars de Dallas décrit comment cette prise de conscience collective a permis à toute une génération d’émerger : « Une fois que le premier chemin a été tracé, on a été capables d’arriver, d’avoir du succès, de se rendre jusqu’à cette ligue-là. Mais aucun d’entre nous n’a eu le même parcours. »

Aujourd’hui, c’est Texier qui incarne ce flambeau. Lors des Jeux Olympiques de Milan-Cortina 2026, Huet — qui l’a côtoyé dans le vestiaire de l’équipe de France — a raconté sur le site de la LNH ce dialogue entre les deux générations. « J’ai regardé à distance ses matchs avec les Canadiens. Par l’intermédiaire de Tex, j’ai repensé à mes belles années à Montréal. Je lui ai dit de s’épanouir avec les Canadiens. Je sens qu’il aura enfin la chance de montrer son grand talent au sein de la LNH. » Texier, de son côté, mesure le poids de sa position. « J’ai la chance de jouer dans la LNH et je dois agir comme un meneur », a-t-il confié à la même source. Une responsabilité qu’il assume, conscient d’être le seul représentant de la LNH au sein des 25 joueurs de l’équipe de France.

S’adapter : la condition universelle de l’athlète expatrié

Dans un pays dominé par le football et le rugby, le hockey français souffre d’une image de sport confidentiel. On pourrait croire que cette marginalité crée des obstacles spécifiques pour les joueurs tricolores une fois en Amérique du Nord. Une idée fortement nuancée par Antoine Roussel : « Il y a une culture qui est différente, propre à l’Europe, mais je n’ai pas eu plus de difficultés qu’un Finlandais ou qu’un Tchèque à m’adapter à la langue, l’environnement ou la culture. »

Pour lui, la vraie singularité française se résume à une question de communication : « Le fait d’être Français change juste le fait qu’il faut savoir parler et communiquer en Amérique du Nord, et donc en anglais. » Ce que Roussel pointe en revanche comme un vrai handicap, c’est le manque d’exposition au hockey dès le plus jeune âge. « L’exposition que le hockey a en France comparativement à la Suisse et à l’Allemagne, ce n’est même pas proche d’être pareil », reconnaît-il. Malgré tout, il refuse de s’en tenir à ce constat : « On tient notre épingle du jeu de brillante façon. »

Antoine Roussel. Photos MAXPPP/Thierry LARRET et FFHG

Un système à rebâtir de fond en comble

C’est sur ce dernier point que le bât blesse. Car si les joueurs français ont prouvé individuellement leur valeur, les conditions structurelles qui permettraient d’en produire davantage restent insuffisantes. Antoine François, Directeur Technique National de la Fédération Française de Hockey sur Glace, dresse un diagnostic lucide. Face à l’enthousiasme suscité par Texier et les Jeux Olympiques, le Directeur Technique National relativise : « C’est une bonne chose pour nous, mais il nous faut plus de joueurs. Alexandre Texier est un excellent ambassadeur du hockey sur glace français puisqu’il a été formé en France et qu’il est arrivé en LNH. Mais aujourd’hui, ça reste une exception qui ne doit pas rester qu’une exception. »

Antoine François identifie trois leviers à actionner simultanément : la formation des joueurs, la construction d’un réseau international pour les placer dans les meilleures ligues, et la modernisation des infrastructures. Une réalité peu connue, pourtant bien présente : le parc de patinoires français est vieillissant, et les municipalités rechignent à investir. Il explique que « ce n’est pas forcément évident de faire comprendre à des municipalités qu’avec le changement climatique, c’est une bonne idée d’avoir des patinoires. Parfois, c’est beaucoup plus facile de les transformer en terrain de foot ou de padel. »

Roussel, depuis le Canada où il réside désormais, rejoint ce diagnostic et insiste sur la nécessité d’une première ligue financièrement solide comme fondation de tout le reste : « Si la première ligue locale est capable de rester en vie, tout le reste va suivre. » Une convergence de points de vue entre le praticien et l’institution qui montre à elle seule l’ampleur du chemin à parcourir.

Pour Antoine François, un modèle de comparaison s’impose : celui du tennis de table, discipline où les frères Lebrun ont transformé une discipline confidentielle en phénomène médiatique grâce à leurs performances. « On sait bien que le côté médiatique passera par une success story », dit-il. En attendant cette réussite collective, un seul homme continue de porter les couleurs françaises sur les patinoires nord-américaines. Et pour Antoine Roussel, cela reste essentiel : « En ce moment, il n’y a peut-être que lui. Mais c’est justement ça qui fait toute la différence. »

Les propos d’Alexandre Texier et de Cristobal Huet sont tirés d’un article publié sur le site officiel de la LNH (nhl.com). Les citations d’Antoine Roussel et d’Antoine François sont issues d’entretiens réalisés par Albane Tanter et Lou-Marco Crepelle.



« J’ai choisi de voir le bon » : D’une commotion cérébrale à l’écriture d’un livre sur la nutrition, Arthur Pontet raconte son parcours

Par Lou-Marco Crepelle

Pendant un entraînement de football en octobre 2023, alors qu’il joue à Annecy, Arthur Pontet subit une commotion cérébrale. Éloigné des terrains, l’Amplepuisien de 23 ans s’est lancé un défi : publier un livre sur la nutrition. Avec plus de 120 recettes, « Les Plaisirs Healthy » fait le pari de concilier une alimentation saine et le plaisir de chaque repas. Il revient pour Le Progrès sur son accident et la naissance de ce projet.

Arthur Pontet et son livre « Les Plaisirs Healthy ». Photo par Lou-Marco Crepelle.

« Le cerveau, ce n’est pas comme un genou sur lequel on peut forcer »

Comment est survenue votre commotion ?

C’est arrivé en octobre 2023 pendant un entraînement avec l’équipe d’Annecy. Après un tacle, l’arrière de mon crâne a tapé le sol. J’étais sonné, mais le choc n’était pas si impressionnant, j’ai même continué l’entraînement. Une fois dans les vestiaires, j’étais toujours dans le flou, avec l’impression d’être lucide mais au ralenti, hors de mon corps. Le lendemain, j’étais complètement bloqué de la nuque, alors le club m’a arrêté pour quelques jours. S’en est suivi une longue période durant laquelle je reprenais l’entraînement, puis m’arrêtais à cause des migraines. Après des examens chez le neurologue et un début de traitement en janvier 2024, j’ai disputé quatre matches en championnat, mais la douleur persistait alors je n’ai pas voulu prendre de risque. Je passé des tests cognitifs, qui ont montré que mon cerveau avait perdu en traitement de l’information, en mémoire et en concentration, alors je n’ai pas repris le foot depuis.

Comment cette blessure vous impacte-t-elle au quotidien ?

J’ai des maux de tête quasi permanents du matin au soir, même sans effort apparent. Conduire était devenu impossible, se concentrer sur un écran me demande encore beaucoup. Chaque stimulation devient une contrainte supplémentaire. À force on s’habitue à la douleur, mais c’est loin d’être une solution pérenne.

Où en êtes-vous actuellement ? Vous avez trouvé des solutions ?

On sait que la commotion a enclenché tout ça, mais on ne sait pas pourquoi je ne récupère pas. Sur ce qui touche le cerveau, personne ne réagit de la même manière. Pour un choc similaire, certains récupèrent en deux semaines, et il y a quelques cas comme moi qui prennent plus de temps. Avec les soignants qui m’accompagnent, j’ai bon espoir de trouver une solution rapidement.

« Personne ne peut me donner la certitude que cela va s’arrêter »

Vous avez encore envie de rejouer au foot ?

Bien sûr, j’ai toujours envie de retrouver les terrains et de vivre mon rêve. Au début, malgré la commotion, je voulais continuer les entraînements et les matches. Le foot faisait partie de mon quotidien depuis plus de treize ans, alors en être privé m’a bien perturbé. Mais j’ai vite compris que le cerveau, ce n’est pas comme un genou ou un ischio sur lequel on peut forcer un peu. Ça impacte la santé globale, et je ne veux pas la sacrifier. Et même si je rejouais aujourd’hui, je ne serais qu’à 20%, ça n’aurait aucun intérêt.

Quelle a été votre première inquiétude ?

Je ne m’attendais pas à ce que ça dure aussi longtemps. Je n’avais jamais été sensibilisé sur ce genre de blessures, donc je ne m’en suis pas soucié au départ. Mais un mois de douleur pour un choc qui paraissant anodin ? J’ai commencé à me demander : quand est-ce que ça va s’arrêter ? Est-ce que je vais devoir vivre avec ça toute ma vie ? J’ai la conviction que non, que l’on va trouver une solution, mais il n’y a personne qui peut me donner la certitude que cela va s’arrêter.

« Plus sensibiliser les joueurs serait déjà un bon point, mais on ne peut pas empêcher les commotions »

Vous avez pu échanger avec d’autres sportifs victimes de blessures similaires ?

J’ai eu l’occasion d’en discuter avec Florent Duparchy qui était gardien de but et qui a dû arrêter à la suite de deux commotions. Il a mis un terme à sa carrière à 23 ans, j’ai le même âge, alors son histoire m’a touché. J’ai aussi pu en parler avec Maxime Gonalons qui a eu une commotion cérébrale à sa toute fin de carrière. Heureusement pour lui, il a récupéré plus vite que Florent ou moi, mais cela montre à quel point ce qui touche au cerveau devient du cas par cas.

Il manque de sensibilisation sur les commotions dans le foot ?

On commence petit à petit à en parler, mais il n’y a rien de concret au niveau des instances. Au rugby, il y a des protocoles à suivre en cas de commotions et beaucoup de préventions. Plus sensibiliser les joueurs serait déjà un bon point, surtout dans le foot, mais on ne peut pas empêcher les commotions en elles-mêmes. En revanche, on peut mettre en place des mesures concrètes pour agir directement après le choc et éviter d’éventuelles complications futures.

« Que ton alimentation soit ta première médecine »

Pourquoi avoir choisi le livre comme moyen d’expression ?

Lorsque je me suis arrêté, il me fallait trouver une échappatoire qui ne demande pas un gros effort physique, et la cuisine s’est imposée naturellement. Au fur et à mesure, j’ai commencé à écrire mes recettes et à les prendre en photo. Je me suis dis que j’allais en faire un livre numérique pour ma famille, mes amis, pour garder un bon souvenir de cette période. Finalement, je me suis mis en tête de le partager à un plus grand nombre, ça me donnait un challenge, une source de motivation. Ayant des connaissances dans l’imprimerie, je me suis dit qu’un livre concret était mieux qu’un e-book. On l’a dans les mains, on peut le feuilleter, l’offrir en cadeau. C’était important pour moi d’avoir un objet physique.

Parler de nutrition pendant cette pause dans le foot, c’était aussi un moyen de rester dans le sport ?

C’est un sujet qui va de pair avec le sport, alors en un sens oui. Je me suis toujours intéressé à la nutrition, pour être en bonne santé en tant qu’humain, mais aussi pour optimiser mes performances en tant que sportif. On a eu quelques interventions à propos de l’alimentation dans les clubs que j’ai côtoyé, mais c’était assez généraliste. Étant curieux, je me suis vite renseigné plus en détails de mon côté. D’ailleurs, je continue à me former pour avoir un certificat qui atteste de mes connaissances.

Ce livre était un moyen de sensibiliser les jeunes sportifs à l’importance de la nutrition ?

Il y a une phrase d’Hippocrate qui dit « que ton alimentation soit ta première médecine. » Alors qu’on soit un futur athlète, un sportif du dimanche ou une personne qui veut prendre soin de sa santé, la nutrition est un point clé. Et grâce à mon expérience, je sais que l’alimentation est primordiale pour tout sportif souhaitant performer, au même titre que l’entraînement.

« On peut manger sainement tout en se faisant plaisir »

Il fallait aussi déconstruire le cliché qu’on ne peut pas se faire plaisir en mangeant sainement ?

Exactement, c’était un objectif au même titre que transmettre mes connaissances. Il y a beaucoup de personne qui mangent sainement, mais qui sont frustrées car elles ne prennent pas de plaisir. Même en tant que sportif, j’ai toujours réussi à concilier une bonne hygiène de vie et une nutrition saine avec le plaisir de manger. C’est cet aspect que j’ai voulu partager.

Quel était le processus pour trouver les recettes du livre ?

J’avais déjà des recettes phares que je cuisinais régulièrement et que j’ai intégré dans le livre. Puis j’ai pris des recettes « classiques » que j’ai revisité, avec mes goûts personnels mais surtout avec une meilleure composition, des proportions différentes, des ingrédients plus sains…

Il y a plus de 120 recettes dans le livre, vous en avez une préférée ?

Tout dépend de l’envie ! (sourire) Une de mes préférées reste le Snickers revisité, c’est une barre chocolatée très appréciée pour son goût, mais la composition n’est pas flatteuse. Et ici, je transforme la recette pour que les gens mangent quelque chose d’aussi bon en bouche, mais avec des ingrédients plus sains. Cela illustre l’idée qu’on peut manger sainement tout en se faisant plaisir.

Que diriez-vous à une personne qui hésiterait à acheter votre livre ?

De nombreux régimes à la mode échouent car ils ne sont pas adaptés au mode de vie de ceux qui l’essaye. Ce livre promeut lui aussi une hygiène de vie saine, mais que l’on peut adapter à ses envies et tenir sur le long terme puisqu’il allie plaisir et équilibre.

« J’aurais pu choisir de ne relever que ce que je perds, mais j’ai préféré trouver du bon »

À 23 ans, quels sont vos projets pour l’avenir ?

Avant tout, j’aimerais retrouver ma santé. Mais une fois cela de côté, je n’ai qu’une envie, c’est de retourner sur les terrains pour faire ce que j’aime le plus. Mais cette période de pause dans le foot m’a permis de développer d’autres aspects que j’ai envie de garder : l’entreprenariat, les investissements, être sur différents projets… Je travaille aussi avec un agent de joueurs, c’est un projet en lequel je crois beaucoup et qui me permet de garder un pied dans le foot. J’espère pouvoir remettre le deuxième pied sur les terrains le plus vite possible, mais en attendant, je sais que j’ai tous ces projets sur lesquels me concentrer.

Vous êtes resté en lien avec le club d’Annecy ?

Je pense que nous avions un projet intéressant, j’étais confiant pour la suite. Je n’étais pas trop présent au club ces derniers-mois, mais je suis toujours en contact avec le staff. Au début, je continuais de faire ma musculation là-bas et d’être au côté des autres joueurs, c’est important de se sentir dans l’équipe malgré tout.

« Être résilient, c’est un mot important pour moi »

Vous gardez un œil très positif et mature sur cette situation pleine d’incertitude…

Je tiens cette force de ma foi et du soutien de ma famille, ces deux éléments ont été déterminantes. J’aurais pu choisir de ne relever que le négatif, ce qu’on m’enlève, ce que je perds, mais j’ai préféré trouver du bon. Cette pause m’a permis d’explorer de nouveaux domaines que je n’aurais pas pu découvrir en restant pleinement investi dans le football. Peut-être que tout cela est arrivé pour une bonne raison, alors je m’adapte et je tire du positif de chaque moment.

Vous avez un message pour ceux qui liraient l’article ?

Il y a du positif dans chaque situation, cela dépend uniquement de comment on décide de les voir. Il ne faut pas avoir peur de s’adapter pour pouvoir aller de l’avant. Et être résilient, c’est un mot important pour moi.

Propos recueillis pour LE PROGRÈS




Running – À 60 ans, Rosario Murcia-Gangloff met le cap sur Los Angeles 2028

Par Lou-Marco Crepelle

Après 30 ans d’absence, Rosario Murcia-Gangloff a de nouveau couru pour son club de cœur l’Asul Bron, qui organisait l’annuel 10 km de Bron. L’occasion de se replonger dans une carrière remplie de réussite et d’inattendu en vue de sa préparation pour les JO de 2028 à Los Angeles.

Rosario Murcia-Gangloff et son guide Atef Baroudi sur le 10 km de Bron. Photo par Lou-Marco Crepelle.

Cette « gamine de 60 ans », comme elle aime se décrire, a longtemps détenu le record de France sur le 10 000 m féminin en 31’42. Double médaillée des mondiaux de cross-country en 1988-1989, elle côtoie les sommets jusqu’à ses premiers Jeux Olympiques à Barcelone en 1992. En 1994, suite à une déshydratation pendant les championnats d’Europe d’athlétisme à Helsinki, elle développe un glaucome, accentué par des complications durant sa troisième grossesse.

Cette maladie chronique, qui réduit progressivement le champ visuel, la pousse à s’éloigner de la compétition, un choix qu’elle fait également pour s’occuper de ses enfants. En 2012, elle reprend sa préparation physique et est présélectionnée aux Jeux Paralympiques de Londres. Depuis, elle cumule les performances en handisport, comme avec sa quatrième place lors du marathon paralympique T12 aux JO de Paris.

Los Angeles 2028 comme dernier défi

Un parcours de longue haleine empreint de résilience qui continue cette année : « Je prépare les championnats du monde de marathon paralympique de New Delhi en octobre prochain, c’est une grande échéance » confie-t-elle en marge du 10 km de Bron, auquel elle a établi un temps de 42’34. « On ne connaît pas le tracé exact, qui sera communiqué deux mois avant. Pour le moment, on garde le rythme et on s’entraîne comme on peut. »

Si en 2012 elle hésitait encore à tenter l’aventure paralympique, ses récents résultats prouvent qu’elle a eu raison, d’y participer. Une assurance forte qui l’emmènera jusqu’à Los Angeles dans trois ans : « Bien sûr que je serai présente pour les JO de 2028. Mais après cela, avec plus de 40 ans de haut niveau, je pense que j’arrêterai mes conneries ! »

Article rédigé pour LE PROGRÈS




Basile Ferier : « Cosmuse, un évènement pour casser à la fois les frontières musicales et sociales »

Par Lou-Marco Crepelle

Si de nombreux projets émergent chaque année à Lyon, Cosmuse est certainement un des plus marquants de ce début d’année. L’ambition est claire : une soirée, marquée par la prestation de plusieurs artistes, organisée pour les étudiants, par des étudiants. Basile Ferier, étudiant en communication, est l’un des organisateurs de Cosmuse. Il a accepté de m’accorder un entretien, l’occasion pour lui de raconter la création et l’organisation d’une telle soirée, des coulisses jusqu’à la scène.

Basile Ferier, co-organisateur de Cosmuse. Photo par Lou-Marco Crepelle

Comment t’est venu l’idée de Cosmuse ?

L’idée part d’un projet qu’on devait mener au sein de l’EFAP, l’école de communication dans laquelle j’étudie. On devait proposer un évènement fictif ou réel autour du thème de notre choix. Avec plusieurs amis fans de musique, on a tout de suite pensé à organiser une soirée avec des concerts.

Comment vous vous y êtes pris pour organiser un tel évènement ?

Même si on avait le choix entre quelque chose de fictif ou de réel, la question ne s’est jamais vraiment posée : on voulait que cette soirée ait lieu. Pour les artistes, ce sont principalement des connaissances plus ou moins proches de notre entourage, mais pas seulement. Par exemple, j’ai rencontré par hasard le collectif de rappeurs Silverstraww. Ils essayaient d’organiser un concert sur une place à Saint-Étienne. Et malgré le mauvais matériel et le son pourris, ils dégageaient une vraie détermination et une envie de partager leur musique. Quand je leur ai proposé de venir, ils ont accepté directement, comme une évidence.

Que signifie le nom Cosmuse ?

C’est une des dernières choses du projet qu’on a trouvé. On a contacté La Marquise, qui est une péniche qui organise des concerts à Lyon. Ils ont accepté de nous prêter gratuitement la salle, mais ils avaient besoin du nom de l’évènement pour nous programmer. Et on s’est dit que ce qui était super dans cet évènement, c’est le fait qu’on vienne tous d’un endroit différent, avec de la musique différente, et qu’on arrive à proposer cette diversité. Il y avait donc un cosmopolitisme dans le groupe, et sachant qu’on fait de la musique, on a décidé d’allier les deux pour faire Cosmuse. Après tout, on a eu 6 groupes radicalement différents. Les Karlitaz font du rock, Selma Kara fait de la pop et du RnB, Silverstraww et Kez font du rap, Bazz fait de l’électro et Blindsound de la techno. On avait un line-up très éclectique, ça représentait bien l’ambiance de découverte et de diversité qu’on voulait donner.

Pourquoi c’était important pour toi que cet évènement soit gratuit et ouvert à tous ?

Au-delà de se faire plaisir, l’objectif était de proposer un évènement accessible à tous. Notre communauté est principalement composée d’étudiants, donc on ne voulait pas que l’argent soit un frein pour profiter de l’évènement. Pour nous, la musique, c’est clairement un moyen de réunir les gens, et ça doit rester en dehors de l’argent. Et pour le coup, on n’a pas payé les artistes, donc on avait aucune raison de faire payer l’entrée. Aussi, ça montre bien que les artistes n’étaient pas venus pour gagner de l’argent, mais pour partager un moment avec le public et avoir un peu de visibilité.

Est-ce qu’il y aura une suite au projet ?

Franchement, j’aimerais beaucoup ! On a passé un super moment et on a pu proposer un évènement qui casse à la fois les frontières des genres musicaux et celles des classes sociales. Peut-être que ça pourrait devenir un rendez-vous trimestriel, qui permet à la fois de mettre en lumière des artistes qui n’ont pas beaucoup de moyens et d’organiser une soirée où les gens se retrouvent.