Volleyball – Méconnaissable, l’Asul chute face à Villejuif
Par Lou-Marco Crepelle
Trop crispés, les Lyonnais n’ont pas été à leur niveau face à Villejuif, qui a dominé la rencontre et n’a pas laissé un seul set à son hôte. Les play-down débutent de la pire des façons.
Les joueurs de l’ASUL ont montré un jeu passif lors du match contre Villejuif. Photo Lou-Marco Crepelle
ASUL 0 – 3 Villejuif
C’était le match idéal, face à l’équipe présumée la moins forte de l’autre groupe, pour se lancer dans les play-down. Mais cela a plutôt viré à la catastrophe pour l’Asul, battue 3-0 et qui entame de la pire des manières l’opération maintien dans cette poule où les trois premiers resteront en Elite, et les trois derniers seront relégués.
Incapables de conclure le premier set
Le tournant a été ce premier set que les Lyonnais n’ont jamais su conclure, alors qu’ils menaient 24-20, et qu’ils ont perdu 26-24. La remontée de Villejuif a coupé le souffle aux Lyonnais et à leurs supporters, venus en nombre au Petit Palais des Sports.
Sur le terrain, le coach Maxime Meunier n’a pas retrouvé les volleyeurs combatifs qu’il avait vus à l’entraînement : « Je suis assez attristé de ne pas avoir vu des joueurs qui se battent, qui ont le sourire. Dès l’entame, ils étaient trop crispés et manquaient de confiance. »
Le coup de massue de ce premier set a suivi les locaux jusqu’au coup de sifflet final. Avec l’ascendant mental, Villejuif a aisément remporté le deuxième set 25 à 19. Les joueurs de Maxime Meunier, « spectateurs de leur propre match », se sont inclinés 17 à 25 dans le dernier set, confirmant la large victoire de Villejuif.
Un début de play-down raté pour l’ASUL, avant son déplacement périlleux le 12 avril à Amiens, leader de la poule. « Le maintien passera pas notre capacité à se faire confiance autant individuellement que collectivement, estime Maxime Meunier. On a le droit de perdre, mais aujourd’hui nous n’étions pas à notre niveau. »
Football – Villefranche laisse filer la victoire face à Versailles
Par Lou-Marco Crepelle
En dépit de l’ouverture du score dès l’entame de la seconde période, Villefranche n’est pas parvenu à conserver son avance. Avec une meilleure maitrise du ballon, Versailles a recollé au score et fait trembler les Caladois jusqu’à la dernière minute.
Abou Ba au duel lors du match aller, que Versailles a remporté 3-1. Photo Laurent Barou
Versailles 1 – 1 FC Villefranche
L’issue du match demeurait toujours incertaine au terme d’une première mi-temps stérile. Dès la douzième minute, Versailles perd Romain Basque, blessé à la cheville. Si Versailles a longtemps conservé le ballon dans la moitié adverse, les Caladois se sont également montrés dangereux grâce à leurs transitions, redoutables par leur vitesse mais imprécises à la finition.
Dès le retour des vestiaires, le FCVB adopte un jeu direct pour surprendre la défense adverse. Octave Joly délivre un centre au point de penalty à Calodat, qui bute sur Altikulac. Le ballon finit dans les pieds d’Idrissa Ba, qui frappe en se retournant (46e). Les Caladois entament alors cette seconde période de la meilleure des manières. Mais après cette fulgurance, la formation versaillaise reprend le contrôle du jeu et finit par égaliser à la 78e. Après une passe en profondeur de Mbemba, prolongée par Baghdadi, Gaval s’infiltre entre deux défenseurs et inscrit son premier but en National. Clément Couturier, rentré à la 75e pour son retour en championnat, sort six minutes plus tard après un contact avec Traoré.
Les deux équipes se procurent de grosses occasions durant les six minutes de temps additionnel, à l’image de Joly qui manque le cadre en fin de course (92e). Sullivan Pean est décisif en cette fin de rencontre, comme avec son double arrêt réflex à la 96e. Malgré le pressing des locaux, la défense caladoise ne craque pas et maintient le nul. Après ce déplacement à Chambly, le FCVB enchaînera un nouveau déplacement le 4 avril pour son match face à Châteauroux, lanterne rouge de National.
À Chambly, Versailles et Villefranche font nul 1 – 1 (0 – 0). But pour Villefranche : Idrissa Ba (46e) But pour Versailles : Gaval (78e). Avertissements pour Villefranche : Negouai (80e), Kissling (90+2e), Joly (90+5e). Avertissements pour Versailles : Traoré (36e), Calvet (86e).
Mairo et Hopital propagent le virus du rap suisse avec La Fiev
Par Lou-Marco Crepelle
Ce 21 février 2025, après une longue pause en solo qui a pris fin avec sa prestation magistrale chez Grünt, le Maire de Genève nous gratifie de La Fiev, véritable manifeste à la fois de sa personnalité et d’une culture Hip-Hop pointilleuse. En alliant l’ancien et le nouveau, que ce soit dans ses textes et interprétations ou dans les productions signées Hopital son frère jumeau, ce disque aux inspirations et aux références bien plus larges qu’on ne le pense s’inscrit déjà comme un marqueur temporel de son époque.
Pour ceux qui ne le connaîtrait pas, il est important pour comprendre cette analyse de faire une rétrospective des deux dernières années pour Mairo.
Tout comme pour son comparse H Jeunecrack (analyse de 1er Mouvement ici), 2024 a été une année de réflexion et de transition pour Mairo. Il faut dire que son run en 2023 restera gravé dans la roche (vous l’avez ?). Un EP commun avec Slimka en mars et la sortie d’Omar Chappier en mai le font connaître à un public plus large. Une meilleure visibilité qui mène à de nombreuses apparitions scéniques, comme aux Ardentes ou au Grünt Festival. C’est d’ailleurs le concert qu’il choisit pour annoncer Déjeuner en paix, un EP entièrement produit par Jeanjass, qui sort en septembre de la même année.
Mais alors qu’il multiplie les collaborations, comme son trois titres commun avec H Jeunecrack (voir ci-dessus), et que les avis de la presse spécialisée rap sont unanimes, autant pour ses textes que pour ses concerts, une question est sur toutes les lèvres : à quand le premier album de Mairo ? Il est de ceux qui respectent une certaine tradition du rap, avec une exigence particulière quant au premier album, qui représente pour sûr une étape lourde de sens dans une carrière.
Pour préparer le terrain, Mairo fait son retour en novembre 2024 avec la manière, puisqu’il nous délivre une des meilleures performances sur Grünt : une heure complète de freestyle, assis, debout, avec pour seul moyen d’expression son micro. Dans la foulée, il annonce une date à la Cigale, en clôture d’une tournée dans toute la France. Puis vient le moment que tous ses fans attendaient : son premier album. Ainsi, Mairo dévoile La Fiev le 21 février 2025.
« J’ai fait mon premier album sans faire de thérapie pour recracher ma haine telle quelle »
La Fiev se décompose en deux parties de six morceaux, coupées par une interlude radio. Dans la première partie, Mairo fait exactement ce qu’on attend de son premier album. Il rappe comme personne, étale sa technique dans des morceaux d’égo trip, tout en parsemant quelques phrases plus personnelles. Dès l’introduction, nitro LA FIEV, Mairo donne le ton : « J’ai fait mon premier album sans faire de thérapie pour recracher ma haine telle quelle. » À l’image de son Grünt, on ressent une certaine fougue, comme une soif de revanche, grâce à une interprétation très énergique et des paroles bien choisies. L’instrumental aide également à ce ressenti à la fois brut et épique, avec un refrain qui annonce l’avènement du messie et des couplets qui sonnent l’heure de la révolte. À la production des treize titres, qui d’autre que Hopital, le frère jumeau de Mairo, déjà à ses côtés pour 95 monde libre et Rougemort. Il faut dire que l’album instrumental mériterait une analyse à lui seul, tant ses compositions sont truffées de références.
Après une intro épique, on rentre réellement dans l’univers de La Fiev avec Dope. Une ambiance presque inquiétante, qui annonce la propagation de cette épidémie de fièvre que Mairo tease dès le titre de l’album. Un morceau de boom bap « dégueu conscient » (c’est comme ça qu’il s’amuse à décrire sa musique) de quatre minutes avec deux phrases répétées en guise de refrain, un parti pris bien loin des standards mainstream actuels. Dope s’inscrit comme le manifeste de l’écriture et de la musique de Mairo, il envoie un message fort sur qui il est et sur ses qualités de rappeur hors pair.
Regarder c’que j’ai osé braver : le regard des darons blasés, le regarde des tantines casées Mais je fais comme mes idoles : Tonton Lino et Tantine Casey
Mairo – Dope
Rap FR : 6h de décalage avec New-York mais 5 ans de retard sur Mairo
Mairo – Dope
J’fais pas d’hiérarchie de la haine, je n’généralise pas les fautes commises Mais je n’crois pas en l’extermination d’un peuple pour une terre promise
Mairo – Dope
Si ces premiers morceaux ressemblent à ce qu’on attendrait d’un album de Mairo, il ne souhaite pas être enfermé dans une certaine esthétique comme il le disait déjà dans Belly Ratchet : « Que les puristes mettent pas toute leur confiance en moi, ils risqueraient d’être déçus. » Dans i.think, Hopital reprend le style de la Baltimore Club et sa boucle de batterie iconique pour en faire une production entraînante et pleine de détermination. Un clin d’œil très bien expliqué par David Bola aka l’encyclopédie rapologique sur son compte Instagram. Et grâce à sa culture qui lui permet ces innovations dans les productions et les flows, il rappelle qu’il ne fait pas cette musique par effet de mode mais bien par amour.
J’suis dans l’rap depuis qu’il est moche, depuis qu’il est moche et pas à la mode
Mairo – i.think
Depuis qu’j’ai une ‘stache au d’ssus d’mes lèvres, une hache au d’ssus d’mes rêves J’me dis qu’c’est pas si mal d’ouvrir une superette
Mairo – i.think
On commence alors le quatrième titre avec comme idée que Mairo est venu sauver le rap et le remettre dans le droit chemin. Mais il avait prédit cette réaction, ce statut qu’on lui attribuerait, et il nous prend complètement à contre-pied lorsqu’il répète dans le refrain de fight4GE : « Je ne suis pas un prophète ! ». Un peu à la manière de Kendrick Lamar dans Mr Morale lorsqu’il déclare « Kendrick made you think about it, but he’s not your savior ». On peut voir une autre référence avec Mr Morale dans la posture de Mairo sur la cover, un enfant dans les bras, comme sur la cover de Kendrick (ou alors je suis trop fan de ces deux albums on sait pas).
En parlant de la cover, elle est shootée par Léa Esmaili, une des figures les plus influentes du rap de ces dernières années. Elle a notamment réalisé la cover de plusieurs albums de Theodora, dont l’excellent Bad Boy Lovestory, la cover de SVR Effect de LeoSVR (également très bon) ou encore le clip de Gare du Nord de Yvnnis. Elle n’en est donc pas à son coup d’essai, et confirme une nouvelle fois avec la pochette de La Fiev son talent qui a déjà marqué et marquera encore l’imagerie du rap français.
Après quatre morceaux énergiques et démonstratifs arrive Paramount, plus mélancolique. Ce schéma est déjà présent dans Rougemort (2021), où après des flows puissants – sur astral, coupe gorge et attentat uzi – arrive eritriste, lui aussi plus mélancolique. On comprend que derrière cette carapace de sauveur du rap (sans en être le prophète) se cache une réelle démarche d’amour, pour le rap, sa famille, et sa « p’tite meuf ».
L’amour ça dure trois ans, ça fait vingt ans que je rappe par amour
Mairo – Paramount
J’pensais pas qu’mes parents pouvaient vivre séparément, même se détester carrément Mes émotions viennent contester ma mémoire
Mairo – Paramount
C’est pas ma meuf, c’est ma p’tite meuf Chacune d’ses peines me brise le cœur J’la quitte pour le concert vers 19h J’lui ramènerai des liasses en guise de fleurs
Mairo – Paramount
Si l’on peut supposer que l’album se décompose en deux parties, et que Minuit est le dernier morceau de cette première partie, c’est grâce à plusieurs indices. Tout d’abord, en plus de sonner vraiment comme une outro, avec une fin explosive, le morceau s’appelle minuit, pile la transition entre deux jours, ou deux parties d’album. Sur cette chanson clairement rock, une phrase résonne : « J’dois mieux écouter le bruit de mon âme. » Après avoir fait ce que l’on attendait d’un disque de Mairo dans la première partie, incisive, percutante, il doit prendre la direction qu’il souhaite réellement. Cette pensée ce manifeste d’autant plus par le choix de la composition rock, des sonorités nouvelles dans l’univers de Mairo et souvent mal intégrées dans des albums de rap (ce qui n’est pas son cas naturellement).
« J’dois mieux écouter le bruit de mon âme »
La seconde partie de l’album ne commence pas tout de suite, puisque l’on écoute d’abord le radio skit. Mairo affirme à nouveau qu’il fait dorénavant ce que lui seul attend, en nous montrant la variété de ses influences grâce à des extraits de morceaux bien choisis. On entend par exemple de la variété française avec Dalida dans Paroles Paroles, de l’électro avec Moby dans In This World ou bien sûr du rap avec un extrait de La Cliqua.
Sur blccd tears, le Maire de Genève déclare, comme pour prouver que cette deuxième partie s’ouvre sur quelque chose de différent : « J’vais pas rentrer dans l’thème juste pour rentrer dans l’moule, j’ai mes propres antennes, j’ai mes propres anthems (hymnes) » Une démarche une nouvelle fois accentuée par le choix des prods, qui rappelle que le rappeur et son producteur travaille main dans la main pour délivrer les meilleurs sons possibles. Ce n’est pas dans tous les albums que l’on peut trouver autant de cohérence et de symbiose entre les paroles et la musique, d’autant plus que les deux explorent des styles totalement différents, comme avec cette prod qui fait penser à celles de PinkPantheress. Avec cette instru Grime – 2Step, et plus largement avec cet album, Mairo se place comme un vecteur de culture, il ne fait plus seulement du rap pour les rappeurs, mais a vraiment à cœur de transmettre le rap à ceux qui veulent en apprendre plus.
Dans ma jeunesse, j’ai pas assez ksaar, en études, j’avais un tas d’exams Mais, aujourd’hui je remercie, j’ai jamais eu autant un mental d’acier qu’ça Plus personne peut m’abattre, Omar Chappier, j’suis arrivé à pattes
Mairo – blccd tears
Il évoque rapidement sa jeunesse juste au-dessus, se présentant comme un adolescent concentré à tout prix sur sa réussite. Il continue à se livrer dans Antidote ou venin, où il nous raconte son ascension dans le rap, de son statut d’étudiant de cette culture à celui de rappeur reconnu.
C’est qui ce petit qui maitrise comme ça ? J’ai peu fréquenté Genève by night J’étais dans les studios et les open mics 2023 un vrai highlight
Mairo – Antidote ou venin
2017 pendant Xtrm Tour J’courais partout pour un peu d’lumière Merci aux frères d’avoir prêter le micro Promis j’continue jusqu’à assécher l’dico
Mairo – Antidote ou venin
Partout ça m’connaît, ça me reconnaît Quand je marche du Petit au Grand-Saconneix J’suis pas l’chouchou, nan, nan Personne me cala depuis qu’j’suis enfant
Mairo – Antidote ou venin
Dans la lignée de cette transmission du rap, il explique qu’il a ses références d’OG et ses connaissances pointilleuses, mais qu’il ne fait pas un rap d’élitiste. Un statement qu’il répète beaucoup depuis ses premiers projets. Il dit notamment « M.A.I.R est éritriste pas élitiste » dans son Omar Chappier Freestyle (c’est le premier exmple que j’avais en tête, mais il y en a bien d’autres dans ce style).
J’ai beaucoup étudié le rap, on dirait qu’il fait l’uni’ Mairo J’peux parler d’Big L et du rap d’N.Y, j’peux aussi parler d’Matuidi Charo
Mairo – Antidote ou venin
Mairo parsèment chaque morceau de l’album avec ses références variées : un rap américain des 90s avec Big L (dans Antidote ou venin) et Mobb Deep (dans Température), un rap des années 2000 avec Lino et Casey (dans Dope) ou Rohff (dans 45%), un rap plus récent avec Alpha Wann et Vald (dans Paramount), des musiques traditionnelles avec le sample du morceau Aqli Tsibet du chanteur érythréen Osman Abdelrahim (dans Température).
Ces clins d’oeil sont également visibles dans les titres, avec i.think en référence au titre Think de Lyn Collins, dont le break de batterie est samplé, ou encore 45%, un mix entre 45 Scientific, célèbre label fondé par Geraldo, Booba et Ali qu’il dédicace souvent (9 5 pour 45) et son morceau préféré all time 30% de Gims, dont il distille les punchs dans beaucoup de ses morceaux (il en parle longuement dans son interview avec Neefa).
Mairo se fait souvent des clins d’oeil à lui-même, comme avec ses célèbres gimmicks « L’aventurier sans son aventurière » et « La Patte Brisée ». Ce dernier prend le nom d’un morceau essentiel au storytelling de l’album, dans lequel Mairo nous raconte la relation avec ses parents, et particulièrement le parcours de sa mère, qui a l’a élevé après avoir fuit l’Érythrée.
T’as connu la pauvreté, la fuite et l’asile Allez vas-y, avec ton sourire, fais nous croire qu’c’est normal et facile Tu m’donnes ton assiette quand j’ai fini mais que j’ai faim encore J’ai eu toutes les chances que t’as pas eues et je me plains encore Tu t’es coupée aux quatre veines pour gérer quoi qu’il advienne Tu es mon exemple et ma reine
Mairo – La patte brisée
Merci d’être restée auprès d’nous, de nous avoir soutenus pendant longtemps Dans une situation qui t’convenait même plus
Mairo – La patte brisée
Après nous avoir raconté une partie plus intime de son histoire, on peut enfin donner une potentielle signification à chacun de ces gimmicks. « La Patte Brisée » définirait sa mère, qui a dû traverse le monde à pied (d’où la patte) pour fuir la pauvreté et la guerre, et qu’elle a été énormément affectée par ses épreuves (d’où brisée). « L’aventurier sans son aventurière » pourrait définir le père de Mairo, brièvement évoqué dans le morceau, qui aurait perdu sa moitié après sa séparation avec sa femme et qui serait donc sans son aventurière. Ce ne sont bien sûr que des suppositions.
Avec cette deuxième partie d’album, il nous raconte ce qu’il veut dans le style qu’il veut, il écoute le bruit de son âme. Et il semble que malgré ses nombreuses influences, son âme a un bruit du boom bap. Sur Température, Hopital et lui rendent hommage au rap new-yorkais en utilisant le break de batterie de Temperature’s rising de Mobb Deep, une rythmique devenue incontournable décryptée par Raphaël Da Cruz dans une vidéo pour Monte Le Son. Le morceau sonne comme un freestyle, démonstratif de rimes et de références rap, avant de nous donner, sans rapper cette fois, les références de son pays d’origine, l’Érythrée.
Hopital fait cette merde comme DJ Mehdi et les Daft Façon électronique, ou Dre et la Chronic
Mairo – Température
Et alors qu’on pourrait s’attendre à une fin d’album classique, avec des musiques plus calmes et introspectives, Mairo continue de casser les a priori. Il l’avait dit dès le premier morceau, il vient cracher sa haine telle quelle, et c’est bien ce qu’il fait sur la tortue et le liev. Il raconte avec fierté d’où il vient, ce qu’il a déjà accompli, et ce qui lui reste à accomplir, une sorte de checkpoint pour remettre toutes ses idées en place. Une mentalité exprimé par le titre, où il se met à la place de la tortue qui met plus de temps à atteindre ses objectifs mais qui ne grille pas les étapes, et qu’on peut retrouver dans ce respect et cette patience avant de sortir ce premier album.
Une bannière, un drapeau, un bateau, une galère Nous fais pas des manières, on est là, ça date pas d’hier Faut qu’on épargne et ma hargne elle va pop Que tout l’monde m’écoute comme le pape et la pop
Mairo – la tortue et le liev
Allô mam’, j’voulais te l’dire, ça y est, on m’écoute enfin J’t’offrirai tout c’que tu désires, dans dix ans ou dans vingt Même si tu t’en bats les c’ du rap, j’sais que tout c’qui m’touche te touche aussi Grâce à toi j’sais tout faire comme un couteau suisse
Mairo – la tortue et le liev
Le morceau se conclut sur des paroles provenant d’une interview pour le mythique groupe Arsënik (selon Genius), qui font de nouveau écho à cette mentalité de sagesse et de patience.
Le courage, la vie appartient aux gens intelligents et courageux, c’est moi qui te l’dis. Y a pas de afghan, érythrée, sénégalais, suisse, français ou quoi, on est tous des humains
Mairo – la tortue et le liev
La Fiev se clôt sur 45%, un morceau sur l’humilité dans lequel il raconte que sa réussite est due aux personnes avant lui, et qu’il va s’en servir pour la réussite des autres. Il n’a pas besoin de la validation des autres (« J’compte pas les followers, pas les vues, ça m’importe peu ») mais il a besoin de faire cette musique pour aider ceux qui le méritent. On le comprend avec les dernières phrases du son, dans lesquelles il dit qu’il apparaitra dans pleins de biopics : il ne fait pas tout ça pour lui, il le fait pour nous.
Tous les médias sont choqués à peine tu prends un parti J’ai gagné si ça les touche dans leur cœur jusqu’à l’infarctus Des aveugles, je suis jaloux car, eux, ils ont moins tentés Y a aucune chance qu’ils acceptent ta fausse main tendue
Mairo – 45%
J’suis pas à une grosse déception, j’suis d’jà la fierté des nôtres, gros j’suis un gosse d’exception Un artiste peintre, une clope au bec, un stylo Bic Mon son tourne d’ici à Molenbeek, comme la flamme Olympique
Mairo – 45%
J’dois aider la famille au bled, même si rien n’m’y oblige Un mec intelligent qui fréquente des légendes J’apparaîtrai surement dans plein d’biopics
Mairo – 45%
D’abord avec son Grünt, qu’il a répété et préparé pendant plus d’un an, puis avec La Fiev, qui a surement nécessité autant d’investissement et de minutie, Mairo confirme à la fois son statut d’héritier d’une certaine culture Hip-Hop et son souhait de la diffuser à travers son œuvre. Comme il l’explique lors de sa discussion avec Neefa, ces nombreuses références, dans les paroles comme dans les productions, permettent d’une part de revendiquer un héritage et le faire perdurer, mais surtout de revendiquer sa personnalité, définie par ses musiques avec lesquelles il grandit depuis plus de quinze ans. Déjà comparé au descendant de Une Main Lave l’Autre (2018) d’Alpha Wann, en terme d’impact potentiel sur cette scène du rap français, La Fiev s’impose comme un incontournable de cette année. Une année 2025 qui sera peut-être aussi historique que 2015 ne l’a été pour le rap français ? Trop tôt pour en juger, mais avec des albums de ce calibre, c’est une idée loin d’être irréaliste…
Football – Villefranche s’impose à Rouen dans un match à deux visages
Par Lou-Marco Crepelle
Villefranche s’est fait peur en seconde période mais s’impose à Rouen dans un match à haute intensité. Avec quatre buteurs différents, la formation caladoise met fin à deux matches consécutifs sans inscrire de but et repart avec trois précieux points.
Clément Couturier (à gauche) et Adama Diakité. Photo Maxime Jegat.
Rouen 2 – 4 FC Villefranche
Malgré une première période tout en maitrise, les Caladois se sont fait bousculer dans le deuxième acte. Clément Couturier, de retour de suspension, a donné le ton dès la 20e seconde en cadrant depuis l’entrée de la surface. Après quelques actions infructueuses, les Caladois sont récompensés. Calodat ouvre le score, sur un centre de Bastian au second poteau (0 – 1, 14e). À peine le jeu repris, le FCVB continue sur sa lancée et enfonce un peu plus le clou, grâce à un centre de Negouai pour la reprise de Couturier (0 – 2, 16e). Habitué des scénarios fous, Villefranche continue de pousser et se met à l’abri en marquant juste avant la pause grâce à un coup franc de Diakité tiré de la gauche (0 – 3, 45+1e).
Rouen a fait trembler les Caladois
L’issue du match semble déjà certaine à la pause, mais Rouen ne s’avoue pas vaincu. Benkaïd, laissé seul au centre de la surface, réduit l’écart à deux buts avec le FCVB (1 – 3, 50e). Charles Abi, après un tir contré de Mion, reprend devant les cages de Pean, toujours à terre à la suite de son premier arrêt (2 – 3, 64e). Mais cinq minutes plus tard, sur une passe en retrait de Bastian, Mroivili ajuste Lucas Royes pour rassurer le club beaujolais et anéantir les espoirs rouennais (2 – 4, 69e).
Après deux matches sans but, le FCVB retrouve le chemin des filets et se remet en confiance avant l’affrontement contre Concarneau vendredi prochain.
À Rouen, Villefranche bat Rouen 4 – 2 (3 – 0). Buts pour Villefranche : Calodat (14e), Couturier (16e), Diakité (45+1e), Mroivili (69e). Buts pour Rouen : Benkaïd (50e), Abi (64e).
1er Mouvement : le laboratoire de H Jeunecrack, entre expérimentation et orfèvrerie
Par Lou-Marco Crepelle
Ce 7 février 2025, H Jeunecrack signe son retour en dévoilant 1er Mouvement. Entre électro et sampling, il continue d’étaler ses compétences sur un huit titres bien ficelé, court et addictif, qu’il écrit et produit entièrement. La première pierre d’une deuxième trilogie qui s’annonce déjà très intéressante à suivre.
Après avoir sorti le très bon Matière Première en mai 2023, H Jeunecrack s’est fait plus discret, avec seulement un EP commun avec Mairo (du très haut niveau). Le natif de Lille a pris le temps de se ressourcer, pour se renouveler, lyriquement et musicalement, et précisément connaître la direction à suivre. Celui qui s’est fait connaître par une première trilogie (1er Cycle, 2ème Cycle, 3ème Cycle) est de retour avec… une nouvelle trilogie. Le 7 février 2025, il partage 1er Mouvement, huit titres qui posent les bases de ce nouvel arc. Un disque plus personnel dans lequel on retrouve toutes les caractéristiques qui font notre attachement pour l’artiste.
1er Mouvement, une ode au sampling sur fond d’électro
« J’fais la prod, le son, le mix, j’crois que j’ai huit bras : la pieuvre ! » C’est ce que déclarait HJC il y a un an et demi dans son EP commun avec Hologram Lo’, producteur de renom et co-créateur, avec Alpha Wann, du label Don Dada Records. Un caractère touche-à-tout qui fait pleinement partie de son ADN, et pour preuve, il est à la production sur chacun des huit titres. Une attitude de geek de rap qu’il met en scène dans le clip de Kaboul Kitchen, dans lequel on le voit faire trembler son appartement tellement la prod frappe fort. Grâce à cette double casquette de rappeur-beatmaker, il créé une véritable alchimie entre sa musique, son texte et son interprétation.
Sur 1er Mouvement, on retrouve des productions légèrement empreintes d’électro, vestiges de son précédent long format, à l’image du son Manita en co-prod avec Simala (avec qui il a déjà collaboré sur Musée et La Vigne). Si la touche électronique persiste, notamment dans les effets de voix et dans certains patterns de drums, elle passe désormais au second plan. Ce sont bien les samples, sous de multiples formes, qui prennent toute la lumière sur 1er Mouvement. Une bascule déjà audible dans les trois singles qui précèdent le disque (La Taupe / Freestyle 1er Mouvement / Hustleuse). Des chants grégoriens jusqu’à une chanson de Maureen Mcgovern des années 70, il confirme son côté digger qui lui permet de telles découvertes, et des mélanges très créatifs entre les genres musicaux. Encore une fois, le Hip-Hop brise les barrières et mélange les cultures, pour le plus grand plaisir de nos oreilles.
HJC le dit lui-même, il a besoin de s’amuser dans sa musique, et de tenter de nouvelles choses. Si ces expérimentations sont au cœur de chacun de ses projets, celui-ci témoignent d’une prise de maturité, de plus de réflexion dans la proposition. Des expérimentations qui ont moins le côté brouillon qu’il y avait sur ses premiers sons, mais qui gardent le côté « laboratoire ». Kassded le morceau Le beau geste, co-prod par abel 31 (Winnterzukou, Luther, Rouhnaa…), qui délivre une production fleuve magnifique, mettant d’autant plus en valeur les bars de la pieuvre aux mille tentacules.
« Je n’ai qu’une parole, elle fait que de lâcher des bars »
Depuis ses débuts, et encore dans ces huit titres, HJC met en avant son côté aventureux, expérimentant des interprétations teintées d’électro et des mélodies comme dans Manita. Mais s’il y a une chose qu’il n’oublie pas (c’est aussi ce pourquoi on l’écoute), c’est son côté Monsieur Le Prouveur, drôle et incisif. Cette grande pause de plusieurs mois a pour sûr servi sa direction artistique, avec des productions plus poussées qui accompagnent surtout des textes plus pertinents. Mais elle a aussi servi un style d’écriture dont il n’a cessé de monter le niveau. S’il fait toujours de la rime pour la rime, chacune d’entre elles a une importance précise, un sens, une raison d’être dans le morceau. Il exprime alors des idées « déjà vues », mais tournées à la sauce Jeunecrack.
J’suis pas encore riche, mais maintenant je sais qu’le livret A ça s’arrête à 20K
H Jeunecrack – Kaboul Kitchen
J’ai deux bras, deux jambes, par contre je n’ai qu’une parole Je n’ai qu’une parole, elle fait que d’lâcher des bars
H Jeunecrack – Le beau geste
Le JeuneCrack, le gros caillou, j’me dis juste au cas où « Faut qu’j’achète un Tokarev, p’t-être qu’il en reste au Carrouf »
H Jeunecrack – Le gros caillou
Mais H Jeunecrack, malgré les apparences, ce n’est pas que des blagues bien placées. S’il adopte toujours un ton un peu moqueur, il s’interroge également sur des problèmes plus sérieux. Souvent, il n’écrit pas de phases directement engagées, bien qu’on sache de quel bord il penche, mais se place plus en tant que spectateur qui rend compte de la société dans laquelle il vit.
Quand j’dors, mon cerveau travaille, « tout travail mérite salaire » Bah oui, gros, même les hopitaux font du chiffre d’affaire
H Jeunecrack – Sade
Y aura pas d’deuxième Terre, y aura pas d’deuxième H Ces rappeurs sont fans de moi alors qu’on a le même âge
H Jeunecrack – Manita
À titre personnel, l’une de mes phases préférées de ce disque est la suivante, très bien expliquée sur Genius.
Ils ont n*qué l’futur, ils nous demandent c’qu’on veut faire plus tard Demande à un aveugle sa couleur préférée
H Jeunecrack – Le beau geste
Et si ce n’est que le premier mouvement de cette deuxième trilogie, il abrite des sons déjà top carrière de H, comme Le beau geste, ou le très (très) grand Hustleuse : une chanson d’amour, illustrée par un clip au style unique, où l’on reste suspendu aux lèvres de HJC à chaque punch, sur une prod magnifique co-signée Hologram Lo’ (que de superlatifs, mais la qualité du morceau l’oblige).
Avec l’enchaînement de Hustleuse, Deuxième peau et Kassded, on est face à une fin de disque très H Jeunecrackesque (bête de mot non ?). Chacun de ces morceaux renferment autant des punchs drôles que profondes, écrite sans filtre, sans transition. Et c’est là où réside sa grande force, celle de nous faire rire sur une phrase, et redescendre brutalement la phrase suivante, ou inversement.
Chaque jour sur mon ordi, j’parle à ma carte mère, gros c’est comme mon âme soeur Tous ces gars me fatiguent, j’arrive dans la party, j’ai juste envie d’repartir Mon frérot il est partit, on s’captait tous les mardis, j’y pense tous les mardis
H Jeunecrack – Deuxième peau
Kassded quand j’ai comat’ après ma première ‘teille, quand mon père voulait que j’ai ma première Play’ Kassded ma première fois, même si j’ai préféré ma première paye Kassded mon compte en banque qui m’est resté fidèle, même quand je lui donnais rien à graille
H Jeunecrack – Kassded
Kassded Papa, Maman, j’espère que vous deviendrez jamais séniles Et j’espère que vous pourrez faire la paix pour le jour de mon Zénith Sinon c’est pas grave, au pire j’en f’rai deux, un pour chacun
H Jeunecrack – Kassded
Le premier mouvement de cette deuxième trilogie n’a en soit rien de surprenant. Ceux qui connaissent et apprécient déjà HJC ne seront pas surpris par ce qu’ils vont y trouver, autant dans la musicalité que dans les paroles. L’accent n’est pas sur la nouveauté, il améliore plutôt tous les aspects qui font sa réussite et sa spécialité, ce qui lui permet de délivrer un excellent huit titres, annonçant une grande suite pour les mouvements suivants. Avec vingt minutes de son où rien n’est à jeter, il délivre un disque court et addictif, à la manière d’un Tous ces ongles rongés de Jeanjass sorti en septembre dernier. H Jeunecrack frappe juste, et confirme à ceux qui en doutaient encore, sa place dans cette nouvelle génération de rappeurs qui cassent les codes tout en respectant un certain héritage du rap.
Pour défendre ce disque avant d’embrayer sur la création du prochain, puisqu’il n’a pas déjà tout préparé (voir son excellente interview sur l’Abcdr du son), H Jeunecrack commence sa tournée dans toute la France, avec en final une double Cigale le 9 et 10 mai 2025.
Basket N1M – Lyonso, dominant, s’impose facilement face à Tours
Par Lou-Marco Crepelle
Au terme d’une rencontre maitrisée de bout en bout, les Lyonnais ouvrent leur compteur de victoire pour cette deuxième phase.
Avec ce succès face à Tours, LyonSO signe sa quatrième victoire depuis le début de la saison. Photo Lou-Marco Crepelle.
Lyonso 72 – 58 Tours
Les Rhodaniens ont été menés au score moins d’une minute sur l’ensemble du match. Après une entame serrée (11-9) où ils ont bénéficié du manque de justesse des Tourangeaux, les locaux ont su conserver leur dynamique pour finir le premier quart-temps avec un matelas de six points (20-14). Les hommes de Philippe Hervé montraient un visage similaire dans le deuxième, achevé sur le même score que le premier (40-28 à la mi-temps).
Après la pause, les deux équipes haussaient leur niveau et leur rythme. Le score évoluait moins mais l’intensité et la tension grimpait (50-36, 30e). En avance de 14 unités, LyonSO continuait de mettre de l’agressivité dans son jeu, pour empêcher Tours d’inverser la tendance. Les Lyonnais, toujours portés par Comblon, parvenaient à conserver leur avance pour s’imposer (72-58).
Comblon en détonateur
« On a eu le match à notre main sur la globalité des quarante minutes, sans vraiment avoir le sentiment que Tours pouvait nous poser des problèmes, confie Philippe Hervé à l’issue du match. Notre défense fait de moins en moins d’erreurs face à cette équipe qui a la meilleure attaque du championnat et que l’on laisse à moins de soixante points. » Une victoire obtenue grâce à un bon collectif, mais aussi grâce à la belle performance de Kevin Comblon, qui a inscrit seize points : «Kevin a eu des pépins en octobre et en janvier, et malgré ces temps d’arrêts, il a une vraie progression, autant sur ses erreurs défensives et sur son jeu offensif. Il prend progressivement sa place dans le cinq majeur, il le mérite », poursuit le coach de LyonSO.
À Pierre-Bénite (La Canopée), LyonSO bat Tours 72 – 58 (20-14, 20-14, 10-8, 22-18) LyonSO : Comblon 16, Albert 13, Semelet 12, Loubaki 7, Nunn J 7, Zero 6, Atamna 5, Manet 4, Omari 2
Running – À 60 ans, Rosario Murcia-Gangloff met le cap sur Los Angeles 2028
Par Lou-Marco Crepelle
Après 30 ans d’absence, Rosario Murcia-Gangloff a de nouveau couru pour son club de cœur l’Asul Bron, qui organisait l’annuel 10 km de Bron. L’occasion de se replonger dans une carrière remplie de réussite et d’inattendu en vue de sa préparation pour les JO de 2028 à Los Angeles.
Rosario Murcia-Gangloff et son guide Atef Baroudi sur le 10 km de Bron. Photo par Lou-Marco Crepelle.
Cette « gamine de 60 ans », comme elle aime se décrire, a longtemps détenu le record de France sur le 10 000 m féminin en 31’42. Double médaillée des mondiaux de cross-country en 1988-1989, elle côtoie les sommets jusqu’à ses premiers Jeux Olympiques à Barcelone en 1992. En 1994, suite à une déshydratation pendant les championnats d’Europe d’athlétisme à Helsinki, elle développe un glaucome, accentué par des complications durant sa troisième grossesse.
Cette maladie chronique, qui réduit progressivement le champ visuel, la pousse à s’éloigner de la compétition, un choix qu’elle fait également pour s’occuper de ses enfants. En 2012, elle reprend sa préparation physique et est présélectionnée aux Jeux Paralympiques de Londres. Depuis, elle cumule les performances en handisport, comme avec sa quatrième place lors du marathon paralympique T12 aux JO de Paris.
Los Angeles 2028 comme dernier défi
Un parcours de longue haleine empreint de résilience qui continue cette année : « Je prépare les championnats du monde de marathon paralympique de New Delhi en octobre prochain, c’est une grande échéance » confie-t-elle en marge du 10 km de Bron, auquel elle a établi un temps de 42’34. « On ne connaît pas le tracé exact, qui sera communiqué deux mois avant. Pour le moment, on garde le rythme et on s’entraîne comme on peut. »
Si en 2012 elle hésitait encore à tenter l’aventure paralympique, ses récents résultats prouvent qu’elle a eu raison, d’y participer. Une assurance forte qui l’emmènera jusqu’à Los Angeles dans trois ans : « Bien sûr que je serai présente pour les JO de 2028. Mais après cela, avec plus de 40 ans de haut niveau, je pense que j’arrêterai mes conneries ! »
Football – Villefranche craque dans les derniers instants face à Nîmes
Par Lou-Marco Crepelle
Il a fallu attendre la toute fin du temps réglementaire pour voir Nîmes arracher la victoire face à Villefranche. Brahima Doukansy a inscrit l’unique but d’un match longtemps fermé, stoppant la série d’invincibilité caladoise et offrant aux Crocos un succès précieux dans la course au maintien.
Raouf Mroivili, auteur d’un doublé contre Orléans, n’a pas autant brillé à Nîmes. Photo d’archive Laurent Barou.
Nîmes 1 – 0 FC Villefranche
Ils avaient fait craquer leurs deux précédents adversaires dans les ultimes instants de la rencontre, mais cette fois, les Tigres caladois ont cédé en fin de partie. Depuis un quart d’heure, le jeu s’emballe, les vingt joueurs de champ courent d’un bout à l’autre du terrain.
Les occasions se multiplient sans qu’aucune équipe ne parvienne à faire la différence. Après une récupération au milieu de terrain. Abdeldjelil sert Brahima Doukansy dans la profondeur, qui frappe sur la gauche du cadre. Péan, impuissant, reste immobile sur sa ligne tandis que le ballon se loge dans son petit filet droit, anéantissant les espoirs d’une victoire caladoise.
Villefranche maintient la pression jusqu’au coup de sifflet final
Villefranche, habitué à ces scénarios fous, comme contre Orléans (2 – 0) et contre Aubagne (2 – 1), pousse pour tenter d’accrocher l’égalisation. À la 90+5e, le gardien nîmois se retrouve hors de ses buts après le dégagement d’une frappe d’Abou Ba. Kenny Mixtur, rentré vingt minutes plus tôt, décoche, à l’entrée de la surface, une frappe qui s’apprêtait à sceller le nul. Mais le défenseur Hamza Sbai, attentif, dégage le ballon sur sa ligne et sécurise la victoire nîmoise.
Avec cette victoire, Nîmes reprend deux points à Châteauroux, exempt de match ce week-end (championnat à 17 équipes oblige) et se libère ainsi de la dernière place. Ils mettent également fin à la série d’invincibilité de Villefranche, victorieux sur ses trois dernières rencontres. Le FCVB, éjecté du top 10, devra réagir lors de la réception de Valenciennes (5e) vendredi prochain pour relancer sa dynamique.
À Nîmes, au stade des Antonins, Nîmes bat Villefranche 1 – 0 (0 – 0). But pour Nîmes : Doukansy (89e)
Running – Au 10 km de Bron, un parcours exigeant qui sourit à Dambron et Venitucci
Par Lou-Marco Crepelle
Aux abords du stade Pierre Duboeuf, une foule d’un petit millier de personnes s’est rassemblée à l’occasion du 10km de Bron. Parmi eux, 545 coureurs sont venus affronter, pour le temps ou pour le plaisir, ce parcours complexe mais accessible.
450 personnes ont participé au 10 km de Bron cette année. Photo par Lou-Marco Crepelle.
9h30, le coup de feu est tiré. Une marée humaine fond sur la première ligne droite à grande vitesse.
Sur une distance de 10km, les sportifs donnent leur maximum du début à la fin. Avec ses trois boucles (1.6km ;4km ;4.4km) parsemées de faux plats et de virages à 90°, le tracé est ouvert à tous, en individuel ou en équipe. Au terme de 31 minutes 46 secondes de course effrénée, Quentin Dambron l’emporte dans la catégorie masculine. Chez les femmes, la coureuse Vanessa Venitucci s’impose haut la main en 37’09, deux minutes devant la deuxième.
Deux athlètes olympiques et paralympiques en course
Outre les performances du jour, la course a aussi marqué le retour à l’Asul Bron de Rosario Murcia-Gangloff, athlète olympique et paralympique. Après plus de 30 ans sans course ici, la Brondillante avait à cœur d’honorer sa présence : « J’avais loupé l’édition précédente à cause de la préparation pour Paris 2024. Je n’ai pas la grande forme, mais c’était important pour moi de venir aujourd’hui. »
Alexandre Lloveras, médaillé de bronze à Paris l’été dernier, était également de la partie. Le natif de Lyon évolue en paracyclisme depuis 2018, et prépare cette année le marathon de Paris, prévu le 13 avril : « L’objectif était de maintenir l’allure marathon. Avec ses relances et ses virages, la course n’est pas évidente à guider, mais on a pris beaucoup de plaisir ! »
Gymnastique – Djenna Laroui brille, mais Lyon devra jouer sa survie en Top 12
Par Lou-Marco Crepelle
Ce samedi 22 février, le gymnase Mado Bonnet (Lyon 8) accueillait le dernier match de poule du Top 12 pour le PSLM Lyon Montchat. Malgré la défaite face à Haguenau (18-30), les Lyonnaises, portées par le retour de Djenna Laroui, ont affiché un visage combatif avant le match de maintien du 15 mars à Combs-la-Ville.
Djenna Laroui, de retour de suspension, a brillé sur les quatre agrès face à Haguenau. Photo par Lou-Marco Crepelle.
PSL Montchat 18 – 30 Haguenau
Dans le gymnase Mado-Bonnet, ancienne salle de l’Asvel féminin aménagée pour l’occasion, 650 spectateurs se sont rassemblés pour assister au spectacle du Top 12. Une seule et même voix s’élève à chaque passage des gymnastes, qui performent devant des tribunes pleines. La star du jour était Djenna Laroui, de retour en compétition après une suspension de six mois. Elle n’a pas manqué de remercier le public venu la soutenir avec quelques mots, mais surtout avec deux victoires en duel, aux barres et au sol. Pour Olivier Esquer, entraîneur du PSLM, Djenna est un atout indispensable à l’équipe. « C‘est une gymnaste au grand cœur, qui aime son club, qui a toujours le sourire. Avec seulement deux mois d’entraînement, elle prouve qu’elle est de retour et qu’elle s’inscrit dans le cycle olympique jusqu’à au moins 2028. »
Haguenau l’emporte dans la douleur
Si le PLSM pouvait compter sur Djenna Laroui, Haguenau, de son côté, s’appuyait sur une de ses anciennes coéquipières de l’équipe de France. Morgane Osyssek, gymnaste multimédaillée aux championnats de France Élite, d’Europe et du monde, a brillé en s’imposant sur les quatre agrès. « Ce n’est pas une Olympienne pour rien, c’est une artiste dans son sport » a salué Olivier Esquer. Malgré sa victoire, Haguenau a fait face à deux blessures, celle de Lana Pondart, qui a eu du mal à se remettre d’une chute aux barres, puis celle de Mathilde Bithorel, sortie sur civière après une mauvaise réception lors de son passage au sol.
Montchat jouera le maintien à Combs-la-Ville
Après deux défaites en matchs de poule contre Hénin (34-10) et Haguenau (18-30), Lyon Montchat pointe à la dernière place du classement, et se rendra à Combs-la-Ville le 15 mars pour disputer le match de maintien. Une rencontre que le coach lyonnais aborde à la fois avec confiance et prudence. « Avec le retour probable de Rosane Dubard-Derby, nous aurons deux atouts avec Djenna. Rien n’est acquis, la victoire se construit en équipe, mais cela devrait être un peu plus simple. »