DJ Mehdi, le génie entre rap et électro : conversation avec Chaze sur son influence mondiale

Par Lou-Marco Crepelle & Nina-Lou Jacquet

S’il n’est pas explicitement cité dans les crédits des chansons qui sortent de nos jours, DJ Mehdi y a néanmoins laissé une trace. C’est sa débrouillardise, son talent et sa passion qui le font passer de musicien amateur à véritable génie du rap et de l’électro. En constante réinvention, il collabore notamment avec 113 et la Mafia K’1Fry pour le rap, et avec les Daft Punk et Justice pour l’électro. Avant la création du label Ed Banger, aujourd’hui internationalement reconnu, il créé son propre label « Espionnage ». Le nom et le logo, DJ Mehdi les doit à Chaze, graffeur hors pair et musicien d’électro. La rédaction a eu la chance de revenir avec lui sur cette période sacrée de la musique française.

Affiche promotionnelle du documentaire DJ Mehdi : Made In France. Crédits : Arte

Pouvez-vous vous présenter et nous parler de votre rapport à la musique ?

J’ai découvert le graffiti à Paris à la fin des années 80. À cette époque, le rap était étroitement lié à la culture graffiti, c’était la bande-son de cette scène. Par la suite, en 1997, j’ai commencé à travailler chez «Chronowax», un distributeur de vinyles. C’est là que j’ai rencontré Mehdi, puisque nous distribuions les disques de son label, Espionnage. C’est également à ce moment-là que je me suis intéressé à la production musicale et que j’ai commencé à produire mes premiers morceaux. Depuis, la musique fait partie intégrante de ma vie, et j’en produis encore aujourd’hui.

Vous avez travaillé avec DJ Mehdi, notamment sur la création du logo de son label, Espionnage. Quel était votre lien avec lui, et pourquoi était-il important pour vous de réaliser ce logo ?

En fait, c’est moi qui lui ai proposé de nommer son label «Espionnage», et c’est tout naturellement que j’ai conçu le logo ensuite. Nous étions assez proches, mais pas vraiment des amis intimes. J’ai dû passer chez lui deux ou trois fois, mais rien de plus.

Comment avez-vous perçu la transition de DJ Mehdi vers l’électro, sachant que vous êtes un fervent défenseur du rap ?

Je pense que c’était une excellente chose, à la fois pour la musique en général et pour le rap français, qui avait besoin de s’ouvrir davantage. A cette époque, beaucoup de rappeurs français se basaient sur ce que faisait les rappeurs mainstreams américains, je pense qu’il leur a apporté un certain « grain de folie ».

DJ Mehdi a beaucoup évolué vers l’électro, comme on le voit sur des morceaux tels que «Ouais Gros» de 113 ou «Naja» sur Espion Le EP. Ses voyages, notamment à New York, ont-ils contribué à enrichir la scène électro française ? Cette ouverture a-t-elle aussi aidé l’électro à s’imprégner du rap ?

Il a clairement apporté sa propre touche en tant que producteur de rap. Le mélange des deux genres, rap et électro, créait une sonorité vraiment unique, même si aux États-Unis, ces fusions existaient déjà depuis longtemps. Cependant, il a su y ajouter la « French touch » électro.

Dans le documentaire, plusieurs artistes évoquent l’héritage de DJ Mehdi après sa disparition. Selon vous, en quoi son influence impacte-t-elle encore aujourd’hui les artistes à l’échelle internationale ?

Je pense que ce documentaire va vraiment aider à faire connaître DJ Mehdi à l’international. Malheureusement, il n’a pas eu le temps de laisser une empreinte aussi forte qu’il aurait pu au-delà des frontières françaises.

Dans les séquences où l’on voit des images de ses concerts à l’étranger, on sent un engouement incroyable pour ses performances. Qu’est-ce qui, selon vous, dans sa musique, plaisait tant à des publics de pays différents ?

Mehdi était un excellent DJ. Il avait un feeling naturel avec la musique et savait instinctivement comment faire vibrer les foules.

En tant qu’artiste, la manière dont DJ Mehdi concevait et produisait la musique vous a-t-elle influencé dans votre propre travail ?

Il fait partie de ceux qui m’ont donné envie de produire de la musique. C’est probablement l’influence la plus forte qu’il a eue sur moi.

Interview réalisée pour What’s Going On #1




RnB, Hip-Hop, Pop : l’impact de SZA sur l’industrie musicale

Par Lou-Marco Crepelle

Il y a quelques semaines, SZA, considérée comme une artiste de RnB moderne, déclare qu’elle ne veut plus être catégorisée comme telle. Elle pense que ce statut lui est attribué à cause de sa couleur de peau et qu’il est réducteur quant à sa diversité de proposition. Une déclaration qui remet sur la table la question de la différence entre Rap et le RnB.

“The only reason I’m defined as an R&B artist is because I’m Black. It’s almost a little reductive because it doesn’t allow space to be anything else or try anything else.” C’est la réponse de SZA lorsque le magazine britannique Dazed lui demande de définir sa musique. SZA comme artiste RnB, c’est aussi la réponse de la majorité des personnes qui l’écoutent et même de l’industrie.

En effet, sur ses deux albums studios, CTRL (à gauche) et SOS (à droite), l’artiste explore beaucoup de genre musicaux : Rap, Pop, Country, et bien sûr le RnB. Et si ce dernier est effectivement majoritaire, la force de SZA réside justement dans sa capacité à produire des morceaux très variés mais toujours de qualité.

SZA : ses inspirations RnB au service d’une plus grande diversité

Certes le RnB fait amplement partie de ce qu’elle produit, dans les inspirations comme dans les sosnorités, mais la cataloguer uniquement comme artiste RnB serait une erreur, tant sa palette de propositions est large. Son dernier album et d’ailleurs marqué par des propostions audacieuses, comme F2F, un morceau presque rock avec une batterie acoustique et des guitares électriques.

On la voit aussi très proche du Rap, collaborant avec des artistes comme Kendrick Lamar sur all the stars, Travis Scott sur Love Galore ou encore Don Toliver sur Used. Et même en dehors des collaborations, certains de ses morceaux solo ont des sonorités ou une diction plutôt Hip-Hop, comme Smoking on my ex pack ou Low.

RnB et Hip-Hop, deux genres à la fois différents et complémentaires

Cette frontière entre le Rap et le RnB est d’ailleurs toujours questionnée, avec deux mouvements qui s’inspirent mutuellement tout en restant uniques. La différence première que l’on évoque entre le Rap et le RnB, c’est la manière dont l’artiste utilise sa voix.

Dans le rap, l’artiste se concentre plutôt sur la diction et le flux de mots. Dans le RnB, l’accent sera davantage sur le chant et la mélodie. On pourrait évoquer une différence dans les productions, avec des rythmes plus lents et légers pour le RnB. Mais les genres étant tellement mélangés, il est difficile aujourd’hui de définir les productions comme un paramètre réel.

La différence entre le Rap et le RnB est un sujet très prenant, et il est traité sous toutes ses formes (ou presque) dans le dernier épisode RnB Talks de notre podcast Memory Lane : secrets de scène & de studio.

Quant à SZA, vous pourrez la retrouver sur la scène de We Love Green (Paris) le dimanche 2 juin 2024.

Article rédigé pour SOUNDS SO BEAUTIFUL




Kota The Friend’s Best Lyrics from Lyrics to Go Vol.5 | A journey to serenity

Par Lou-Marco Crepelle
Photograph by Anne-Sophie Benoit for Sounds So Beautiful

Kota The Friend recently celebrated the 5th anniversary of his series Lyrics to Go. A project that had him stand out as a lyricist and not just a Hip-Hop MC, but a Neo-Soul artist too, constantly seeking self-development and making therapeutic music to nourish his mind and soul.

He’s just finished his European tour, playing in Paris for the very first time, at Cabaret Sauvage.

Photograph by Anne-Sophie Benoit for Sounds So Beautiful

Released on January 25, Kota’s latest album The Friend promises to be the refreshing continuation of his Lyrics To Go series. In this fifth volume, Kota continues to travel, both physically and spiritually. Sounds So Beautiful offers you a lyrical analysis of his journey.

From the first lines of the album, it is Kota’s maturity that stands out with this sentence. Aware of the ephemeral nature of life and the importance of taking care of those we love, his dreams are transformed into missions, into true life goals. It also affirms his determination to continue doing what he loves for those he loves.

Dreams turn to missions
Family first, livin’ ’til I’m sleepin’ with the fishes

Kota The Friend – Beijing

Still in this idea of knowing oneself and others better, Kota emphasizes the fact of choosing one’s relationships carefully. To improve yourself and rise up, you have to be surrounded by people who pull you up and who want you to succeed. You should also not pay attention to selfish people, who talk about things they don’t know and who are not able to think by themselves.

People bickerin’ ’bout all this shit they think they know
We only kickin’ it with people that could think on they own

Kota The Friend – Beijing

For those who still doubted about it, Lyrics to Go Vol.5 is indeed a travel, as the cities in the song names indicate. The rapper looks back on his memories in different cities – Tulum, Milan, Vienna – but also in specific geographical locations – Backstage in Minneapolis, Alabahama Hills… Kota describes this journey to us with simple moments but filled with serenity.

UNO on the beach, sippin’ liquor in a lake house,
Blessins always fallin’ from the sky, get the rake out

Kota The Friend – Big Bear

This serene journey is troubled when Kota remembers his own misfortunes, including a complicated love affair. But he also remembers the misfortunes that humans experience all around the world, especially in times of war. He expresses this return to lucidity in Backstage In Minneapolis: he speaks about the behinds of the utopian journey.

But maybe if you tell me what’s hurting I probably understand it
I fuckin’ love you won’t you understand it

Kota The Friend – Backstage In Minneapolis

Loading up another cannon
Bombing everything in sight
Don’t care where the fuck it’s landing
So it’s up to me to end the war

Kota The Friend – Backstage in Minneapolis

After this raw return to reality, the songs are gradually filled with confidence and hope in what he is now and what he will become.

A n*gga free, never living enslaved, until I’m digging my grave

Kota The Friend – Yuma

We feel a real recovery after the questioning. From now on, there is no room for doubt, only confidence and ambition.

It feels good knowing what I’m seeking is seeking me
It feels good knowing all my people can see the dream

Kota The Friend – Evergreen

Out in Evergreen, we can move a fuckin’ mountain
And everything around it, that’s really how I feel

Kota The Friend – Evergreen

At the end of the album, he even goes so far as to pass on this hustler mentality to his daughter. Thanks to this, Kota shows that he has managed to find inner peace, that he is now able to know what to teach his daughter and what values to instill in her. Even if it was disturbed throughout the album, we find once again the serenity of the beginning.

And my daughter that’s my lil twin, fuck a gender role
She ain’t accepting how it is, she gonna set the tone
Black and educated, yes baby, get ya own
My mamma strong, love to see these women gettin’ bold

Kota The Friend – Vietnam

Photograph by Anne-Sophie Benoit for Sounds So Beautiful

Article written for SOUNDS SO BEAUTIFUL




Nelick : “Mon Coeur Bat”, un album à vivre intensément

Par Lou-Marco Crepelle

Bien que ce ne soit que son premier véritable album, Nelick n’en est pas à son coup d’essai dans la musique. Après de nombreuses sorties depuis 2017, et notamment l’EP Oceans qui le révèle à un plus large public, l’artiste de 27 ans est enfin prêt à nous délivrer son premier album : Mon Coeur Bat.

Et le message de ce disque est simple : ressentir toutes les émotions possibles, autant négatives que positives, pour se sentir vivant, pour sentir son cœur battre.

Un message fort : tout expérimenter pour se sentir vivre

Cette pensée, il la retranscrit parfaitement bien à travers les 14 morceaux qui composent l’album. Des morceaux tantôt joyeux, tantôt mélancolique, tantôt groovy. C’est justement là que réside la force de cette proposition : notre coeur bat vraiment durant l’écoute, avec des moments d’euphorie, de douceur et de tristesse.

Et si l’on pourrait croire qu’une telle diversité d’ambiances nuit à la cohérence de l’album, ce n’est pas le cas. Les productions de Kofi Bae sont aussi uniques que complémentaires, et les textes de Nelick sur celles-ci font qu’aucuns moments ne se ressemblent.

Nos cœurs sont congelés, je l’aime quand elle m’aime plus, elle-même m’aime plus quand je l’aime

Nelick – DES BEES, DES TRUCS ET DES FLOWERS

L’amour comme fil conducteur

Parmi les nombreuses émotions que Nelick exprime, l’amour est sans doute la plus présente de toutes. Un amour impossible dans …LOVE IS GONE, un amour idyllique dans MARMELADE ou un amour tourmenté dans POLAIRE, le sujet est tourné sous toutes ses formes.

Si ça tenait qu’à moi, j’aurais préféré qu’il n’y ait pas de fin mais tu te sens seule, même dans mes bras donc je sais pas quoi faire

Nelick – …LOVE IS GONE

On est broke tous les deux donc personne paye le resto, elle cherche un film pendant que je lui fait des pâtes au pesto

Nelick – MARMELADE

Une palette d’émotions au profit d’une introspection

Mon Cœur Bat est marqué par une introspection constante puisque Nelick dépeint souvent ses défauts, notamment au sein de ses relations. Mais cette personnalité est exprimée et illustrée par des phases dans lesquelles tout le monde s’identifie, ce qui rend les textes touchants même lorsqu’ils ne rappellent pas un souvenir précis.

Parfois j’ai l’impression que je mérite pas tout ce que je vis, parfois j’ai l’impression que je le vis pas

Nelick – DES BEES, DES TRUCS ET DES FLOWERS

Ce côté introspectif est poussé au maximum dans JE PLEURE QUAND MA MÈRE PLEURE, quatre minutes de mélancolie qui contrastent avec la légèreté des autres morceaux par sa profondeur, son intimité et sa sincérité.

Du mal à vivre le moment présent, la dernière fois que j’ai enlacé mon père, je pensais à autre chose
Ça fait deux ans qu’il est, ça fait trois ans qu’il est parti, je sens encore sa présence partout

Nelick – JE PLEURE QUAND MA MÈRE PLEURE

Avec Mon Cœur Bat, Nelick prend confiance en faisant une musique qui ne ressemble à personne d’autre que lui. En assumant sa vulnérabilité, il parvient à transmettre des émotions avec des mots simples mais justes.

Un album rafraichissant aussi bien pour sa légèreté que pour les questions existentielles qu’il soulève.

Article rédigé pour SOUNDS SO BEAUTIFUL




Comment Mick Jenkins nourrit sa créativité dans The Patience

Par Lou-Marco Crepelle

En 2014, Mick Jenkins dévoile The Water[s], mixtape presque narrative évoquant les concepts étroitement liés de liberté et de spiritualité.

De cela découle une certaine reconnaissance par la scène underground comme artiste émergent de la nouvelle vague de Chicago.

Avec The Patience, Mick Jenkins change de cap pour faire ce qui lui correspond vraiment : un hip-hop incisif aux inspirations jazz.

The Patience, le renouveau de Mick Jenkins

Crédit photo : Anne-Sophie Benoit

The Patience sonne comme une renaissance, un nouveau départ pour celui qui se destine comme prochain grand rappeur de Chicago.

Et si Mick a toujours paru sage et critique à l’égard de son environnement hostile, il apparait ici comme enfin prêt à libérer l’étendue de ses capacités.

Il semble lassé de l’unique reconnaissance underground et impatient de présenter son art à un public plus large.

“Ain’t under no spell, I’m hungry as hell”

Michelin Star – Mick Jenkins

The Patience, un message plus direct

Crédit photo : Anne-Sophie Benoit

Là où ses précédents disques possèdent un fil rouge et un message précis, souvent dilué dans des métaphores philosophiques, le propos dans The Patience est plus simplifié, sans pour autant être dénué de sens. Largement inspiré par le jazz depuis ses premiers morceaux, cette influence se concrétise d’autant plus dans ce disque, dans les sonorités comme dans l’état d’esprit.

“I love to create a pattern just to break it, and I think that is very much within the soul of jazz”

Extrait d’une interview accordée à la National Public Radio (NPR)

The Patience, ou le jazz au service du Hip-Hop

Crédit photo : Anne-Sophie Benoit

Véritable renaissance personnelle et artistique, l’album est marqué par une nouvelle recette particulièrement efficace.

Une batterie clinquante et sans artifice, un sample de jazz et une basse envoutante. Rajoutez la voix incisive et l’aura captivante de Mick Jenkins et cela donne d’excellents morceaux comme Sitting Ducks ou Pasta.

Et l’impact du jazz est directement visible, Mick Jenkins semble désormais plus libre que jamais. Comme il le déclare pour conclure l’album, il a trouvé ce qui lui correspond parfaitement, il est confiant et il sait où il va.

“I’m just now stepping into what I feel like is full agency over my creativity, my artistry, my business, and even myself as a man.”

Mop – Mick Jenkins

Article rédigé pour SOUNDS SO BEAUTIFUL




Les Flammes : la cérémonie en faveur de l’inclusion des cultures populaires

Par Lou-Marco Crepelle

Le 25 avril prochain se tient la deuxième cérémonie des Flammes, cérémonie qui récompense la culture urbaine (Hip-Hop, RnB…).

Comme l’année précédente, le Théâtre du Chatelet (Paris) accueille la remise des prix pour les artistes nominés. Retour sur les objectifs et enjeux d’un tel évènement.

Le projet des Flammes émerge l’année dernière avec comme objectif principal de créer une cérémonie dédiée à la culture Hip-Hop.

Cela faisait déjà de nombreuses années que les cérémonies généralistes comme les Victoires de la Musique manquaient de légitimité dans les catégories et les jugements qui entourent cette culture. Le rap y était peu représenté, et surtout n’était jugé ni par des auditeurs réguliers, ni par des experts du milieu.

Les quelques propositions Hip-Hop était parfois incohérentes au vu de l’impact que certains absents des nominations avaient eu tout au long de l’année.

Les Flammes : la promesse et l’ambition de cette nouvelle cérémonie

La tournée des votes Les Flammes s’est déplacée dans plusieurs magasins Fnac à Marseille, Lyon, Paris et Nancy.

La promesse des Flammes est alors de permettre de juger les propositions du Hip-Hop et de ses sous-genres par des experts du genre, ou a minima des auditeurs aguerris, ce qui n’était ni le cas, ni la prétention des Victoires de la Musique.

Cela se traduit par la possibilité pour le grand public de s’impliquer dans le vote des treize catégories principales.

Les neuf autres sont exclusivement réservées au vote d’un jury d’experts nommé par les organisateurs, les médias Yard et Booska-P. Il est composé d’acteurs de la scène Hip-Hop en France, principalement des journalistes et des professionnels de l’industrie.

Toujours dans ce souhait de mieux représenter la culture Hip-Hop, les catégories sont diverses et traitent de tous les pans de cette culture.

Il existe aussi bien une Flamme pour la révélation masculine et féminine, une autre qui récompense le/la meilleur.e compositeur.rice, et une autre encore récompensant le meilleur clip.

Ronisia s’est vue récompensée de la Flamme de la révélation féminine en 2023.

Et si le pari était une cérémonie qui évolue aussi vite que le fait cette culture, Les Flammes sont dans la bonne direction.

Cette deuxième édition est déjà empreinte de nouveautés avec l’ajout de certaines catégories, comme la Flamme du morceau caribéen ou d’inspiration caribéenne.

Doliprane, Toxic et Jack Sparrow sont les trois morceaux nominés pour la Flamme du morceau caribéen ou d’inspiration caribéenne.

Ces nouveautés s’inscrivent bien dans la démarche du projet, qui est de mieux représenter les cultures qui ont un grand impact sur la musique, et qui sont pourtant oubliées par les cérémonies généralistes. Et d’un autre côté, si elles récompensaient toutes les cultures, ce serait sans fin. C’est donc bien d’avoir une cérémonie dédiée à cette culture.

Alors, créer des récompenses plus légitimes que celle des cérémonies grand public c’est une chose, mais encore faut-il que les acteurs de l’industrie musicale – artistes, labels, médias – répondent présents. Les Flammes ne sont légitimes que si l’industrie les juge comme telles.

Une deuxième édition qui confirme la confiance de l’industrie

Dès le début, la proposition a été prise très au sérieux, avec de nombreux partenaires comme Spotify, Samsung ou encore le Centre National de la Musique (CNM). Les médias aussi sont vite montés dans le train, relayant à grande échelle la cérémonie et prenant leur rôle très à cœur pour ceux qui participaient directement au vote.

Shay a signé son retour avec un show mémorable lors de la cérémonie des Flammes 2023.

Enfin, du côté des artistes, ils ont accueilli Les Flammes très positivement, à l’image de Shay, Tiakola ou Gazo qui ont performés en direct, montrant leur investissement dans une cérémonie qui n’existait pourtant pas deux jours plus tôt. Mieux encore, l’ensemble des artistes récompensés semblaient sincèrement ravi de cette reconnaissance et prenaient au sérieux la signification de « recevoir une Flamme ».

Il est encore un peu tôt pour se demander si Les Flammes sont au niveau et relèvent réellement le défi. Cette année ne marque que la deuxième édition et ce serait hâtif que de tirer des conclusions aujourd’hui.

Néanmoins, la première édition s’est déroulée sans encombre, avec une remise des prix bien huilée et une bonne organisation, du moins vu de l’extérieur. Pour rendre la cérémonie encore plus épique et mémorable, peut-être les organisateurs mettront ils l’accent sur les performances live des artistes, pouvant faire naître de réels moments d’histoire.

A voir ce que nous réserve cette deuxième édition, retransmise en direct sur Twitch et W9.

Article rédigé pour SOUNDS SO BEAUTIFUL




Basile Ferier : « Cosmuse, un évènement pour casser à la fois les frontières musicales et sociales »

Par Lou-Marco Crepelle

Si de nombreux projets émergent chaque année à Lyon, Cosmuse est certainement un des plus marquants de ce début d’année. L’ambition est claire : une soirée, marquée par la prestation de plusieurs artistes, organisée pour les étudiants, par des étudiants. Basile Ferier, étudiant en communication, est l’un des organisateurs de Cosmuse. Il a accepté de m’accorder un entretien, l’occasion pour lui de raconter la création et l’organisation d’une telle soirée, des coulisses jusqu’à la scène.

Basile Ferier, co-organisateur de Cosmuse. Photo par Lou-Marco Crepelle

Comment t’est venu l’idée de Cosmuse ?

L’idée part d’un projet qu’on devait mener au sein de l’EFAP, l’école de communication dans laquelle j’étudie. On devait proposer un évènement fictif ou réel autour du thème de notre choix. Avec plusieurs amis fans de musique, on a tout de suite pensé à organiser une soirée avec des concerts.

Comment vous vous y êtes pris pour organiser un tel évènement ?

Même si on avait le choix entre quelque chose de fictif ou de réel, la question ne s’est jamais vraiment posée : on voulait que cette soirée ait lieu. Pour les artistes, ce sont principalement des connaissances plus ou moins proches de notre entourage, mais pas seulement. Par exemple, j’ai rencontré par hasard le collectif de rappeurs Silverstraww. Ils essayaient d’organiser un concert sur une place à Saint-Étienne. Et malgré le mauvais matériel et le son pourris, ils dégageaient une vraie détermination et une envie de partager leur musique. Quand je leur ai proposé de venir, ils ont accepté directement, comme une évidence.

Que signifie le nom Cosmuse ?

C’est une des dernières choses du projet qu’on a trouvé. On a contacté La Marquise, qui est une péniche qui organise des concerts à Lyon. Ils ont accepté de nous prêter gratuitement la salle, mais ils avaient besoin du nom de l’évènement pour nous programmer. Et on s’est dit que ce qui était super dans cet évènement, c’est le fait qu’on vienne tous d’un endroit différent, avec de la musique différente, et qu’on arrive à proposer cette diversité. Il y avait donc un cosmopolitisme dans le groupe, et sachant qu’on fait de la musique, on a décidé d’allier les deux pour faire Cosmuse. Après tout, on a eu 6 groupes radicalement différents. Les Karlitaz font du rock, Selma Kara fait de la pop et du RnB, Silverstraww et Kez font du rap, Bazz fait de l’électro et Blindsound de la techno. On avait un line-up très éclectique, ça représentait bien l’ambiance de découverte et de diversité qu’on voulait donner.

Pourquoi c’était important pour toi que cet évènement soit gratuit et ouvert à tous ?

Au-delà de se faire plaisir, l’objectif était de proposer un évènement accessible à tous. Notre communauté est principalement composée d’étudiants, donc on ne voulait pas que l’argent soit un frein pour profiter de l’évènement. Pour nous, la musique, c’est clairement un moyen de réunir les gens, et ça doit rester en dehors de l’argent. Et pour le coup, on n’a pas payé les artistes, donc on avait aucune raison de faire payer l’entrée. Aussi, ça montre bien que les artistes n’étaient pas venus pour gagner de l’argent, mais pour partager un moment avec le public et avoir un peu de visibilité.

Est-ce qu’il y aura une suite au projet ?

Franchement, j’aimerais beaucoup ! On a passé un super moment et on a pu proposer un évènement qui casse à la fois les frontières des genres musicaux et celles des classes sociales. Peut-être que ça pourrait devenir un rendez-vous trimestriel, qui permet à la fois de mettre en lumière des artistes qui n’ont pas beaucoup de moyens et d’organiser une soirée où les gens se retrouvent.




LDLC Arena: la renaissance de l’évènementiel lyonnais

Par Lou-Marco Crepelle

Ce jeudi 23 novembre 2023 marquait l’ouverture de la LDLC Arena, nouvelle salle polyvalente du projet OL Vallée. Retour sur les enjeux autour de la construction de cette nouvelle salle.

L’inauguration de la LDLC Arena en présence de Tony Parker. Photo par Lou-Marco Crepelle

Ce 23 novembre 2023, quelque 11 534 spectateurs ont assisté à l’inauguration de la LDLC Arena pour le match de basket opposant l’ASVEL au Bayern. Grâce à sa construction, la salle permet au club de basket local de rayonner à l’international. À la suite de l’accord trouvé entre Jean-Michel Aulas (ex-président du groupe OL) et Tony Parker (président de l’ASVEL), OL Groupe possède désormais 25% de l’ASVEL et offre à l’équipe un nouveau complexe d’entrainement et de matchs. Ainsi, l’ASVEL quitte les 5 556 places de l’Astroballe et rejoint les 12 523 places de la LDLC Arena (en configuration basket). Cela confirme leur présence en Euroligue, la ligue des meilleures équipes de basket européennes, qui avait entre autres comme critère d’entrée de pouvoir accueillir un nombre spécifique de spectateurs.

Une salle unique pour divers évènements

Cette arène donne aussi un nouvel éclat pour la ville de Lyon. En plus de l’ASVEL, OL Groupe a signé un accord avec Live Nation Entertainment, une entreprise américaine qui organise de nombreux évènements et concerts à travers le monde. Ainsi, les venues de Florence Foresti, Sting et Lomepal sont déjà programmés dans cette salle d’une capacité maximale de 16 000 places. Le partenariat avec LDLC, sponsor de l’ASVEL et sponsor titre de l’arène, montre aussi l’intention du groupe d’ouvrir l’Arena au monde de l’e-sport, les compétitions professionnelles de jeux-vidéos, qui gagnent en popularité depuis les cinq dernières années.

La construction de l’arène a débuté en janvier 2022 et s’est achevée en novembre 2023. Dans une démarche environnemental, la proportion de béton a été réduite de 25 % par rapport au plan initial et du béton à faible teneur en carbone a été utilisé. Quant à son exploitation, elle est gérée par John Textor, nouveau propriétaire d’OL Groupe avec son entreprise Eagle Football Holdings Ltd. qui possède 89.77% des parts du groupe.




Run In Lyon : franche réussite à la ligne d’arrivée

Par Lou-Marco Crepelle

L’édition 2023 du mythique Run In Lyon a été décalée de deux semaines par rapport à l’année précédente à cause de la Coupe du Monde de rugby. Néanmoins, ce dimanche 22 octobre 2023, les coureurs étaient bien au rendez-vous.

Quelle que soit la distance, les courses partent toutes en face du Palais de Justice de Lyon. Photo par Lou-Marco Crepelle

Avec le festival Lumière qui s’est tenu la semaine dernière, le Run In Lyon by Harmonie Mutuelle est un des grands évènements qui fait rayonner la ville de Lyon. Cette année encore, ce sont plus de 30 000 sportifs qui sont venus affronter le chrono dans un des quatre parcours présent : le 5km solidaire, le 10km, le semi-marathon et le marathon. La transpiration de l’effort, sous le soleil, a été la seule source d’humidité ; en effet, les courses se sont déroulées sous un temps idéal.

Une édition marquée par de nombreux formats

Le Run In Lyon by Harmonie Mutuelle a mis en place son village, sur la place Bellecour, comme à l’accoutumée. En plus de permettre de récupérer son dossard avant la course, le Village permettait de se familiariser avec les codes du running. Plusieurs stands étaient mis à disposition, comme celui de la marque partenaire Hoka, qui propose des accessoires et des chaussures de courses. Quelques coureurs émérites sont aussi revenus sur la préparation pour la course et ont prodigué des conseils aux futurs finisher.

Le Run In Lyon by Harmonie Mutuelle a d’ailleurs renouvelé son partenariat avec l’association Kabubu qui favorise l’inclusion sociale et professionnelle des personnes exilées. Pour chaque dossard du 5km solidaire, 2€ étaient reversés à l’association. Ainsi, ce sont environ 1300 personnes qui ont apporté leur soutien à l’association et qui ont fait pour beaucoup leurs premiers pas dans le running.

À propos des autres distances, 3 000 sportifs entrainés ont choisi le défi du mythique marathon. Ils ont pu admirer la ville de Lyon sous tous ses angles, du pont Paul Bocuse jusqu’à Confluence, en passant par le Parc de la Tête d’Or. Du côté du semi-marathon, environ 11 500 coureurs y ont participé. Mais l’épreuve reine est bien le 10km, plus accessible que les deux précédentes. 14 200 personnes ont opté pour ce format de compétition, qui continue de gagner en popularité au fil des années.

Une découverte intégrale de la ville

Les courses Run In, que ce soit à Lyon ou ailleurs (Paris, Reims…), ont toutes pour objectif de faire découvrir la ville à des coureurs qui viennent de toutes les régions. L’édition rhodanienne ne fait pas exception et permet, même pour les parcours les plus courts, de découvrir quelques coins phares de l’ancienne capitale des Gaules. Le départ se fait, comme chaque année, devant le palais de Justice du Vieux Lyon, où l’on peut aussi observer la Basilique de Fourvière. La suite nous emmène devant l’Hôtel de Ville et l’Opéra, pour finalement passer en face de l’Hôtel Dieu et terminer sur la Place Bellecour. Cette découverte de la ville se fait au rythme des encouragements mutuels entre coureurs et musiciens présents le long du parcours, qui font, eux aussi, leur propre marathon.